RÉFLEXIONS pour Jn 8:42-51
La conversation du Christ avec les Juifs, que nous lisons aujourd’hui dans l’Évangile selon Jean, se déroule dans une tension immense, très visible dans le texte évangélique. Le Seigneur dit une vérité terrible, que les Juifs sont absolument incapables d’entendre, et ils n’ont rien à lui opposer. « Qui de vous Me convaincra de péché ? » (dans le texte synodal : « d’injustice »), s’écrie le Seigneur. Les auteurs de la traduction synodale n’ont même pas jugé possible d’employer un tel mot à propos du Christ, bien que ce soit précisément celui qui se trouve dans l’original grec. Si donc il est impossible de convaincre le Seigneur Jésus de péché, il s’ensuit avec évidence qu’Il dit la vérité, et que les Juifs ne veulent pas l’accueillir parce qu’ils demeurent eux-mêmes dans le péché.
Ils n’ont rien à opposer aux paroles du Christ, alors les Juifs « passent aux attaques personnelles ». « Tu es Samaritain, et tu as un démon », disent-ils. Dans notre réalité actuelle, un argument de ce genre sonnerait comme : « Tu es fou, Juif et Tchétchène », car les Juifs considéraient les Samaritains comme nous considérons, à notre honte, certains peuples. Au demeurant, les Juifs ne sont pas très originaux ici : nous tous, quand il devient impossible de discuter, nous commençons à insulter celui avec qui nous débattons.
Ce qui frappe en même temps, c’est la différence entre ce que disent les deux parties en dispute. Les paroles du Christ existent dans une autre dimension ; Il ne descend pas à la joute au niveau humain. C’est pourquoi le contenu de ce qu’Il dit importe pour nous, indépendamment des péripéties de la polémique. Avant tout, Il dit qu’Il honore le Père céleste, et il s’agit ici de cette adoration de Dieu à laquelle renonce toute l’humanité pécheresse. Dans ces paroles se trouve le gage de la future création de l’Église, qui deviendra le Corps du Christ et à laquelle, en participant, nous participons à cette vénération du Père par le Christ. Et, bien sûr, les paroles selon lesquelles celui qui garde Sa parole ne verra jamais la mort ont pour nous une importance exceptionnelle. Car c’est notre unique espérance de partager avec le Christ Sa victoire sur la mort.
