RÉFLEXIONS pour Mt 2:1-12
À la lecture du récit évangélique de la visite des mages, une question naturelle se pose : pourquoi Hérode craignait-il tant le Messie, dont il ne sait même pas avec certitude s'Il est né ou non ? La réponse est claire pour quiconque connaît la situation politique de la Palestine aux temps évangéliques : dans le Messie qui, selon les représentations communément admises alors chez les Juifs, devait devenir roi de Judée, Hérode ne pouvait voir qu'un rival politique menaçant son pouvoir. Pour nous, qui connaissons l'histoire évangélique, ces craintes ne peuvent que paraître ridicules. Et pourtant elles ont conduit à une tragédie, à ce massacre de Bethléem auquel l'enfant Jésus a échappé, mais au cours duquel beaucoup d'autres enfants ont péri.
Il n'y a pas à parler de la cruauté du pouvoir, elle est évidente. Mais une autre chose ne l'est pas moins : l'absurdité, le non-sens tragique de ce qui se passe. Hérode ne sait rien du Messie, il ne L'a jamais vu et n'a jamais voulu Le voir. Dans son attitude envers Jésus, il se guide au fond sur ces légendes populaires, ces mythes à cause desquels Jésus a caché Son messianisme presque jusqu'à la fin de Son ministère terrestre. Et cette peur fondée sur une illusion fait d'Hérode un meurtrier.
Certes, aucun pouvoir dans le monde déchu ne se passe de sang versé. Mais, apparemment, lorsque le pouvoir se guide sur des mythes et des idées reçues qui n'ont aucun rapport avec la réalité, le sang coule particulièrement abondamment. Au fond, on demandait peu à Hérode dans cette situation : simplement aller voir. Et comprendre que cet Enfant couché dans la mangeoire ne prétendrait jamais à son pouvoir, pas plus qu'au pouvoir de tout autre souverain terrestre, dont Il n'a pas besoin.
Mais Hérode ne va nulle part. Il reste prisonnier de ses propres illusions et de sa propre peur. Et il devient meurtrier.
