RÉFLEXIONS pour Pr 15:3
L'affirmation de l'auteur sacré au sujet de Dieu, qui voit également les méchants et les bons, peut être interprétée de différentes manières. Il s'en trouvera sans doute pour qui cette pensée confirmera soit une tranquillité satisfaite (s'ils comprennent ouvertement ou au fond d'eux-mêmes qu'aux yeux de Dieu ils se trouveront plutôt du côté des méchants que des bons), soit l'abattement (s'ils se rangent parmi les bons et espèrent une prompte justice céleste). Et pourtant, l'auteur de l'aphorisme ne dit rien, à ce qu'il semble, de l'attitude de Dieu envers ce qu'Il voit. Il constate seulement le fait que rien n'est caché à Dieu.
Bien sûr, cette constatation même a été nécessaire avant tout parce que, pour beaucoup, ce qui est dit n'est pas du tout évident. Il peut parfois vraiment sembler que Dieu ne se soucie pas des hommes, de leurs bonnes et mauvaises actions. Et si l'auteur sacré a raison ? Alors le plus naturel est de penser que la justice est seulement différée. Quant à savoir pourquoi elle est différée, il ne nous reste qu'à le supposer.
Du point de vue de la révélation néotestamentaire, la parabole du Sauveur sur le blé et l'ivraie semés dans le même champ explique beaucoup : jusqu'au temps de la moisson, ils poussent ensemble, sinon on risque d'arracher les épis avec l'ivraie. En effet, changer radicalement l'homme sans la transformation complète de la nature humaine est à peine possible, tout comme il est impossible de changer radicalement la société humaine ; et toutes les tentatives d'éradiquer radicalement le péché dans ces conditions se transforment inévitablement en quelque chose qui rappelle le déluge universel. Et Dieu attend le jour de la moisson. Et nous attendons le jour du Jugement et de la transformation définitive.
