RÉFLEXIONS pour Исх 18:1-27
Le passage d'aujourd'hui raconte la rencontre de Moïse dans le désert avec son beau-père Jéthro. Il n'est pas étonnant que Moïse, lors de cette rencontre, lui raconte tout ce qui s'est passé en Égypte et sur la route vers le Sinaï (v. 5-8). Ce qui est plutôt inhabituel, c'est la réaction de Jéthro, qui reconnaît en fait le Dieu de Moïse comme le vrai Dieu (v. 9-12). D'ailleurs, cette reconnaissance a sa propre logique. Car dans la Bible, Jéthro est appelé « prophète » (v. 1 ; Ex 2:16, 3:1). Non pas « prêtre », comme nous le lisons dans la traduction synodale, mais précisément « prophète », car le mot hébreu employé ici, « kohen », désigne un prêtre seulement lorsqu'il s'agit du sacerdoce lévitique, apparu plus tard et n'existant que chez les Juifs. Avant l'apparition du sacerdoce lévitique, ce mot désignait précisément un prophète, comme les mots qui lui sont apparentés dans d'autres langues sémitiques.
Quel dieu servait Jéthro, on ne peut que le deviner : on ne sait pratiquement rien de la religion de la tribu des Madianites, ni d'ailleurs de cette tribu en général. En revanche, on sait autre chose : les prophètes de tous les temps et de tous les peuples se distinguaient par le fait qu'ils avaient un contact direct avec les puissances supérieures et communiquaient souvent directement avec les dieux qu'ils servaient. Et ensuite, tout dépendait seulement de la disposition de Jéthro à entendre le Dieu de Moïse et à L'accueillir.
Car l'expérience mystique en elle-même est neutre ; l'homme qui la vit ne diffère des autres que par le fait qu'il possède certaines capacités psychiques particulières que les autres ne possèdent pas, ou possèdent dans une moindre mesure. Mais la manière dont il utilise ces capacités dépend de lui-même. On peut les utiliser pour s'affirmer soi-même, ou pour servir Dieu. On peut écouter les voix de nombreux esprits, ou la voix de Dieu. Et, bien sûr, il dépend seulement de l'homme d'écouter le témoignage de celui qui a vécu la rencontre avec l'Unique, ou de laisser ce témoignage sans attention. Dans le second cas, aucune capacité mystique ne l'aidera : il ne connaîtra jamais le seul vrai Dieu. Dans le premier, il Le connaîtra, et son don mystique particulier l'aidera à Le connaître encore plus profondément et à communiquer avec Lui plus intensément.
Comme tout don, le don prophétique peut aussi bien rapprocher l'homme de Dieu que l'en éloigner. Ici, tout dépend du choix de l'homme lui-même.
