RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Rm 7:13-25

Poursuivant son entretien sur la vie et la mort, sur la Torah et sur la justice, Paul attire l’attention sur le choix de l’homme, y voyant le fondement de la vie spirituelle. Il parle de ce dédoublement intérieur qui se révèle inévitablement à quiconque essaie de suivre le chemin de la justice (v. 15-20). Bien entendu, un tel dédoublement ne peut en aucune manière être considéré comme une norme ; il est la conséquence de la chute, la conséquence du fait que l’homme déchu est gravement malade, ou plus exactement blessé, dès sa naissance. Et sans transformation radicale de la nature humaine, on ne guérit pas de la blessure héréditaire reçue lors de la chute. Pourtant l’homme a un choix : car on peut aussi se comporter de différentes manières face à sa propre maladie ou à sa propre blessure, surtout maintenant qu’est venu dans le monde Celui qui peut offrir un remède à un mal jusque-là incurable. On peut se libérer de la division intérieure si l’on renonce entièrement à sa propre vie pour commencer à vivre de la vie du Christ, où il n’y a plus de place pour aucune division (v. 24-25).

Mais cette libération ne signifie pas que le combat intérieur soit terminé. Il ne s’achèvera que lorsque « l’homme intérieur » et les « membres » (v. 21-23) deviendront un seul tout, lorsque s’accomplira ce à quoi appelle la Torah, qui demande d’aimer Dieu non seulement de tout son cœur, mais aussi de tout son être et de toutes ses forces. Le choix du cœur est fait (Paul préfère parler de « l’intelligence », mais cela ne change rien au fond) ; l’apôtre est prêt à suivre le Christ sur le chemin de la justice. Il désire ardemment le Royaume de tout son être, son âme se précipite pour suivre la Torah, mais le corps, atteint par le péché, résiste. Il n’y a qu’une issue : ce qui résiste doit mourir. Le péché et ceux qui servent le péché sont prêts à tuer le juste pour le seul désir de suivre la Torah ; c’est précisément le commandement qui révèle toute la force du péché, en faisant de lui, selon la parole de Paul, un « surpéché », le péché dans toute sa plénitude (v. 13).

Mais une telle mort ne sert pas à grand-chose ; elle ne serait que le meurtre du juste, pour qui la perte resterait seulement une perte. Pour la véritable libération, il faut l’aide de Celui qui peut donner le Royaume à quiconque le cherche et se confie. Mais elle ne deviendra possible que si le consentement à l’opération qui délivre du « corps de mort » est donné librement. C’est alors que le choix fait par celui qui veut marcher sur le chemin de la justice devient décisif, car le succès de l’opération dépend de ce à quoi, à quelle partie de son être, celui qui est guéri s’identifie. L’homme est libre, et Dieu ne retranchera pas ce qui, pour l’homme, a une valeur absolue et une importance absolue. Si cette valeur absolue se trouve être le « corps de mort », il n’y aura pas d’opération : Dieu l’annulera et renoncera au traitement jusqu’à des temps meilleurs, qui ne viendront que lorsque le malade acceptera librement de renoncer à ce qu’il faut retrancher. Mais dans ce cas, le chemin vers le Royaume devra aussi être remis à plus tard. Au mieux, pour longtemps. Au pire, pour toujours.