RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Rm 4:1-15

En poursuivant le thème de l’universalisme de la Torah, Paul se tourne vers la figure d’Abraham. Il souligne le fait qu’Abraham est devenu juste non pas par sa religiosité, mais parce qu’il a su faire confiance à Dieu (v. 1-3). L’apôtre rappelle de nouveau que la confiance en Dieu est le fondement de la justice, tandis que les œuvres de justice ne sont que la conséquence de cette confiance (v. 4-8). Même un rite religieux aussi important que la circoncision n’est pour Paul qu’un signe des relations qui unissent le juste à Dieu, mais nullement leur fondement (v. 9-12). On pourrait dire que, dans ces raisonnements, Paul reste un disciple de Hillel et de son maître Gamaliel : car Hillel et ses disciples ont toujours affirmé que le fondement de la justice et de la vie spirituelle en général est la relation avec Dieu, et que toute autre religiosité liée à l’observance de la Torah n’en est que la conséquence ; sans cette relation, elle perd tout sens.

Mais Paul va de nouveau plus loin que Hillel et Gamaliel. Il dit : si la circoncision n’est que le signe de l’appartenance au peuple de Dieu, donné par Dieu à Abraham comme conséquence de sa justice, alors la justice est possible aussi pour les incirconcis, s’ils savent faire confiance à Dieu comme les circoncis. En ce sens, Abraham devient le père spirituel de tous les justes, aussi bien des circoncis (les Juifs) que des incirconcis (les païens) (v. 11-12).

L’apôtre ne pense nullement qu’il n’y ait aucune différence entre ces deux catégories de justes ; il rappelle seulement que la justice est une, et que si un homme, même incirconcis, suit le chemin de la justice, tôt ou tard il arrivera là où arrivent par ce chemin les circoncis. La Torah n’est pas un tapis volant donné par Dieu à Son peuple pour le transporter dans le Royaume comme d’un coup de baguette magique, en l’épargnant du chemin sur lequel s’acquiert la justice ; elle est un guide qui aide à ne pas s’égarer. Considérer la Torah comme un privilège est une dangereuse illusion, car, si on la prend au sérieux, elle révélera non les avantages, mais les péchés de celui qui cherche à la suivre. La justice est plus grande que la Torah ; le juste reçoit de Dieu ce qui lui a été promis non parce qu’il l’a mérité, mais seulement par la miséricorde de Dieu ; la Torah en elle-même ne donne aucun droit à personne (v. 13-14). Si quelqu’un songeait à se glorifier devant Dieu de connaître la Torah mieux que les autres, cela provoquerait tout naturellement la colère de Dieu : car une telle connaissance révélerait avant tout non la justice, mais les péchés de celui qui se vante (v. 14-15).

À cet égard, le païen a la tâche plus simple : il ne prétend pas connaître la Torah ni en être le gardien. La connaissance de la Torah ne garantit pas en elle-même la justice ; c’est pourquoi, sur le chemin du Royaume, il n’y a devant Dieu aucune différence entre le Juif et le païen, mais on demandera davantage à ceux à qui la Torah a été donnée : ils en savent plus sur leurs péchés que ceux qui n’ont pas entendu parler de la Torah.