RÉFLEXIONS. La Bible pour les débutants.

RÉFLEXIONS pour Ex 2:1-25

Toute la vie de Moïse, dans le livre de l’Exode, tient en un chapitre relativement court. Toute sa vie, parce qu’on y décrit l’enfance de Moïse, sa jeunesse, sa maturité, et même sa vieillesse. La vie est vécue, et l’essentiel, pourtant, se trouve encore devant lui. Il fallait vivre toute une vie pour se préparer à l’essentiel. Il fallait naître hébreu et grandir égyptien. Il fallait revenir vers les siens et se retrouver étranger parmi eux. Tuer un homme en défendant son peuple, puis fuir au désert pour échapper au châtiment d’un crime que soi-même on ne considère pas comme un crime.

Il fallait enfin devenir un vrai nomade, un habitant du désert, pour qu’en suivant les troupeaux il se retrouve non pas sur un pâturage, mais au lieu de la rencontre avec Dieu. Une telle vie aurait suffi à tout un roman, mais dans le livre de l’Exode elle tient tout entière en un chapitre. En revanche, tout ce qui arrivera ensuite occupera plus d’un livre. Qu’est-ce donc ? Une aberration de la mémoire ? Les particularités de l’épopée ancienne, où les choses ordinaires sont décrites brièvement, sans détails ? Difficile de s’en tenir à cela. D’autant plus qu’il est presque impossible de parler de choses ordinaires à propos de la vie de Moïse. Simplement, Dieu ne commence à agir activement dans la vie de Moïse que lorsque celui-ci a déjà dépassé quatre-vingts ans.

Il s’est trouvé que Dieu n’a pu préparer Moïse à la rencontre avec Lui qu’à ce moment-là. Voilà pourquoi toute la vie mouvementée de Moïse est décrite si brièvement : elle n’était qu’une préparation à l’essentiel, et cette préparation ne méritait pas une description détaillée. Toute la vie de Moïse avant la rencontre avec Dieu au Sinaï n’a été pour lui qu’une école. Quand un homme, dans sa vieillesse, se souvient de sa vie, il dira bien sûr non pas « seulement une école », mais « toute une enfance », ou quelque chose de ce genre.

Au fond, pourtant, l’école est l’école ; le temps scolaire est un temps particulier, qui se compte à part. Surtout lorsqu’il s’agit de la providence de Dieu et du chemin de Dieu. Lorsqu’il s’agit du chemin spirituel, le temps commence généralement à se compter de nouveau à partir du jour où l’homme s’est engagé sur ce chemin, parce qu’en un certain sens il devient réellement autre. Avant, c’était le temps humain ; maintenant vient le temps de Dieu. Pour Moïse, il a commencé après la rencontre au Sinaï, tandis que l’ancien temps, le temps humain, a tenu en un chapitre, devenant tel qu’il était aux yeux de Dieu.