RÉFLEXIONS pour Ex 7:1-25 — le 12 mars 2025

RÉFLEXIONS pour Ex 7:1-25

L'intervention de Dieu dans la situation se traduisit pour l'Égypte par ce qu'on appelle d'ordinaire, à juste titre, les «plaies d'Égypte». Par plaies, dans ce cas, on entend le châtiment au sens général, et non la peine capitale, comme nous comprenons habituellement ce mot aujourd'hui. En ce sens, on peut effectivement parler de plaies: une série de catastrophes naturelles s'abat sur l'Égypte, chacune pouvant être considérée précisément comme un châtiment, et de plus comme un châtiment collectif.

Une question naturelle se pose: est-il bon et juste de punir tout un peuple pour une décision prise par un seul homme, même s'il est le souverain? La question est d'autant plus actuelle pour l'Égypte que les Égyptiens ne choisissaient pas leurs pharaons, de sorte qu'ils ne pouvaient porter aucune responsabilité, même indirecte, pour les décisions prises par eux. Certains, toutefois, pouvaient tout de même influencer le pharaon.

Ce n'est pas par hasard que le texte du récit mentionne les magiciens égyptiens, les «mages», qui, en accomplissant quelque chose de semblable à ce qui s'était produit par la volonté de Dieu manifestée à travers Moïse, confirmèrent le pharaon dans l'idée que ce qui arrivait ne sortait pas du cadre naturel et qu'il ne valait donc pas la peine de lui attribuer un sens particulier. Ces magiciens partagent sans aucun doute avec le pharaon la responsabilité des décisions qu'il prit dans cette situation. Quant aux Égyptiens ordinaires, ils ne savaient très vraisemblablement rien de ce qui se passait, ne voyant que le résultat: les calamités qui s'abattaient sur le pays. C'est du moins ainsi que cela devait être au début, lorsque personne en Égypte, hormis ceux qui s'occupaient directement de leurs affaires, ne savait quoi que ce soit de Moïse ni des Hébreux.

Néanmoins, les conséquences de la décision prise par le pharaon touchent tous les habitants de son pays. Alors quoi: Dieu punit-Il tout un peuple pour la faute d'un seul? On pourrait le dire ainsi, si l'on pensait en général que Dieu punit quelqu'un spécialement. D'ordinaire, toutefois, cela ne se produit pas: pour être puni, il suffit largement à l'homme de rester seul face aux conséquences de ses propres péchés. À plus forte raison cela suffit-il à tout un peuple: le péché collectif engendre d'ordinaire des conséquences plus graves que le péché personnel.

Dieu, Lui, ne fait qu'accomplir Son plan. Ses plans sont, en règle générale, inclusifs: Dieu ne veut nullement, par exemple, conduire Son peuple vers la terre promise au prix de la ruine de l'Égypte, ni même au prix d'un dommage qui lui serait causé. Le dommage commence lorsque le pharaon refuse de suivre la volonté de Dieu dans la mesure où cela est nécessaire à l'accomplissement du plan de Dieu. C'est alors que commencent les problèmes de l'Égypte, mais Dieu n'y est certainement pour rien: Lui a justement tout fait pour que l'Égypte n'ait pas ces problèmes. Il ne restait que le pharaon. Son choix a apporté des problèmes à son pays, mais là Dieu ne pouvait rien y faire: car l'homme est libre, et sa liberté est pour Dieu une valeur absolue.