RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Ex 3:1-22

La biographie de Moïse, comme celle de certains autres héros bibliques, est remarquable en ce que tout l'essentiel, tout ce pour quoi ces hommes ont vécu, leur est arrivé lorsque, selon les mesures humaines, il n'y avait déjà plus rien à attendre de la vie. Moïse, bien sûr, n'avait pas oublié qui il était ni d'où il venait, mais, ayant vécu la plus grande partie de sa vie dans le désert, il ne pensait sans doute plus à retourner en Égypte ni au fait qu'il lui faudrait encore revoir un jour ses compatriotes. Et c'est alors que survint dans sa vie une rencontre qui la transforma radicalement. Cette rencontre fut la rencontre avec Dieu.

Dans le désert du Sinaï, on rencontre souvent des plantes qui ressemblent à des buissons roulants. Ce sont de grandes boules, pouvant atteindre un demi-mètre de diamètre. Ces plantes dégagent des huiles essentielles qui s'enflamment parfois, car sous le soleil à découvert, la température à la surface du sol peut atteindre 60 °C. Mais ces buissons brûlent vite, en flambant comme des allumettes. Il n'est pas étonnant que Moïse ait été très surpris par un buisson qui brûlait sans jamais pouvoir se consumer (v. 2-3). Et ce n'est qu'en s'approchant que Moïse comprend qu'il ne s'agit pas d'un feu ordinaire : devant lui apparaît une nuée lumineuse, du fond de laquelle retentit la voix de Dieu (v. 4). Alors Dieu se révèle à Moïse en lui disant qu'Il est le Dieu de ses pères (v. 6), et que le jour est enfin venu où les compatriotes de Moïse quitteront l'Égypte et s'installeront en Palestine, dans la terre où Abraham nomadisait autrefois (v. 7-10).

Bien sûr, Moïse ne pouvait pas ne pas connaître les traditions sur le Dieu des pères. À cette époque, ces traditions étaient connues de tous ceux qui se souvenaient qu'ils étaient descendants de Jacob. Mais ces traditions parlaient d'un Dieu resté dans le passé avec les pères auxquels Il s'était révélé et avec lesquels Il avait parlé. Or en Égypte, Dieu se taisait. Et Son peuple n'avait nulle part où aller : comment, en effet, suivre un Dieu qui se tait et ne donne pas signe de Lui-même ?

Et voici que maintenant le Dieu qui s'était tu pendant de nombreuses années a parlé. Et, en parlant, Il a rappelé les promesses données autrefois à Abraham (Gn 15,13-21). Mais s'il en est ainsi, cela signifie que le temps de l'accomplissement des promesses données par Dieu est venu. Et donc le peuple de Dieu devient peuple de Dieu non seulement de nom : car le peuple de Dieu est un peuple qui participe à la réalisation du dessein de Dieu, à la fois sur lui-même et sur le salut du monde, auquel il lui faudra prendre la part la plus directe.