RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Ex 2:1-25

La vie de Moïse aurait pu servir de base à l'écriture d'un roman d'aventures. La politique menée par les autorités égyptiennes à l'égard des Sémites du delta le condamnait à mort avant même sa naissance, et ce n'est que par miracle et grâce aux efforts de sa mère qu'il resta en vie (v. 2-3). La seule chance de sauver le garçon consistait à le déposer dans une famille égyptienne, ce qui fut fait (v. 3-10).

Bien sûr, un enfant élevé dans une famille égyptienne et ayant reçu une éducation égyptienne devait devenir égyptien, quel que soit le sang qui coulait dans ses veines. Mais les premières années de sa vie, il les passa avec sa propre mère (v. 9-10) ; à cette époque, en Égypte, on avait coutume de laisser un garçon avec sa mère ou sa nourrice jusqu'à cinq ans, lorsque venait le temps d'aller à l'école. Et pendant ces cinq années, Moïse ne pouvait pas ne pas assimiler la langue et les traditions de sa tribu natale, et il est peu probable qu'il les ait ensuite oubliées.

Et lorsque, de nombreuses années plus tard, il se trouva dans les lieux de ses origines et vit un surveillant égyptien punir l'un de ceux qui travaillaient sur un chantier public, il prit la défense de celui qu'on punissait, peut-être même à sa propre surprise (v. 11-12). Mais si ce meurtre fut en partie inattendu pour Moïse lui-même, sa tentative d'intervenir dans une querelle et de séparer ses compatriotes qui se battaient fut un acte pleinement réfléchi (v. 13-14). Le tragique de la situation tenait au fait que Moïse voulait être l'un des siens pour ses compatriotes, voulait les aider de tout ce qu'il pouvait, tandis que ses compatriotes le considéraient comme un étranger : Moïse avait grandi dans une maison égyptienne, avait reçu une éducation égyptienne, et c'est pourquoi, à leurs yeux, il était un « Égyptien », venu de loin pour regarder la vie de ses compatriotes, vie avec laquelle il n'avait plus depuis longtemps de lien et dans laquelle, par conséquent, il ne comprenait rien. Certes, le temps viendra où Dieu utilisera cet « Égyptien » pour le bien de ses propres compatriotes, et Il l'utilisera d'une manière qui n'aurait pu venir à l'esprit ni d'eux ni de lui-même.

Mais pour l'instant, il fallait fuir : les lois égyptiennes punissaient sévèrement le meurtre, et Moïse pouvait s'attendre, au mieux, à des travaux forcés dans les carrières, au pire à la peine de mort. Il se décide donc à fuir dans le désert, comme beaucoup avaient fui avant lui la colère du pharaon (v. 15). Pour un tel fugitif, s'il ne mourait pas de soif dans le désert, il restait la possibilité de s'établir quelque part dans une oasis, accueilli par quelque tribu nomade, et d'attendre la mort du pharaon ; lors de l'accession au trône de son successeur, on pouvait compter sur une amnistie ou sur le classement de l'affaire pour cause de prescription. Et Moïse trouve refuge dans la tribu de Madian ; il y devient un hôte bienvenu, puis un parent (v. 16-22).

Ainsi Moïse, né hébreu et élevé comme Égyptien, devient habitant du désert. Et Dieu commence à agir, réalisant Son plan (v. 23-25).