RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Dt 30:15-20

La Bible, parole de Dieu, place toujours l'homme devant un choix. La Torah, les livres prophétiques, les psaumes et l'Évangile, tous les livres bibliques parlent de deux chemins. Du chemin de la justice et du chemin du péché. Du chemin du bien et du chemin du mal. Du chemin de la vie et du chemin de la mort. Mais il ne s'agit pas du fait que Dieu récompense les uns et punit les autres. Ce sont les dieux du monde païen qui récompensent et punissent ceux qui, respectivement, observent ou transgressent les lois qu'ils ont établies. Ce n'est pas par hasard que l'idée d'une rétribution après la mort, de récompenses et de châtiments outre-tombe, apparaît là où la religiosité païenne a reçu son plus grand développement et sa plus grande réflexion, par exemple dans l'Égypte ancienne. Il était trop évident qu'en ce monde, la juste rétribution ne fonctionnait pas bien.

Alors, peut-être que dans l'autre monde tout se remettra à sa place ? Mais la Bible ne dit rien d'une rétribution après la mort. Ni même de l'au-delà. La Torah parle de la vie sur la terre donnée par Dieu, ici. L'Évangile parle du Royaume. Il semble à beaucoup que les livres de l'Ancien Testament, en ce sens, diffèrent radicalement de ceux du Nouveau Testament. Que ceux de l'Ancien Testament parlent du bonheur et de la rétribution « ici », et ceux du Nouveau Testament du bonheur et de la rétribution « là-bas ».

En réalité, la Bible ne parle ni de « l'ici » ni du « là-bas ». Elle parle de Dieu. De la vie avec Dieu. Qui, par définition, n'est possible qu'ici et maintenant. Et de la vie avec le Christ dans Son Royaume, qui est d'autant plus possible seulement ici et maintenant, simplement parce qu'il n'y a dans le Royaume aucun « avant » ni « après » au sens où nous les comprenons. Le bonheur et la joie de vivre sur la terre donnée par Dieu ne tiennent pas au fait qu'elle serait en elle-même la plus belle du monde (bien que la Palestine ait été de tout temps l'un des lieux les plus beaux du monde). Le bonheur tient au fait que la présence de Dieu demeure sur cette terre. Qu'elle est une préfiguration du Royaume sur la terre. Et on ne la reçoit pas en récompense d'une bonne conduite. De même qu'on ne la perd pas en châtiment d'une mauvaise conduite. On la reçoit en vivant devant Dieu.

En accomplissant le premier commandement du Décalogue, qui ne commence pas par l'interdiction des cultes païens, mais par l'annonce : Moi, ton Dieu, qui t'ai fait sortir d'Égypte, je me tiens devant toi. Un commandement qui exige de l'homme qu'il se tienne en présence. Et la terre donnée par Dieu est le lieu de cette présence. Elle est donnée pour l'accomplissement du premier commandement. Elle devient belle lorsqu'elle est utilisée selon sa destination. Sinon vient la dégradation de la terre que Dieu abandonne. Une terre sur laquelle il est impossible de vivre en ignorant Dieu et Ses commandements. En l'utilisant pour une autre vie.

En effet, l'homme n'a pas d'autre vie que celle que Dieu lui donne pour être en communion avec Lui et se tenir devant Lui. Tout le reste est mort. Si l'homme accueille cette vie donnée par Dieu, le chemin vers le Royaume commence. Depuis la terre que Dieu donne pour que ce chemin commence. Sinon, commence un chemin vers nulle part. Depuis une terre que Dieu quitte. Non parce qu'Il l'a prise en haine, mais parce que l'homme L'en chasse en choisissant la mort au lieu de la vie.