RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Rm 1:1-15

L'épître aux Romains est souvent appelée théologique par les commentateurs, qui ont en vue sa complexité et l'ambiguïté de son interprétation. Mais l'apôtre lui-même, en s'adressant aux chrétiens de Rome, n'a manifestement pas en vue la théologie. Comme toujours, il reste prédicateur, témoin de ce Royaume qui s'est ouvert à lui lors de sa rencontre avec le Ressuscité sur le chemin de Damas (v. 1-7). Et toutes les réflexions théologiques de Paul ne sont pour lui qu'un moyen de ce témoignage. En cela il demeure précisément apôtre au plein sens du mot, envoyé qui ne peut ni ne doit rien dire de lui-même, mais doit seulement transmettre ce qu'il lui a été confié de transmettre par Celui qui l'a envoyé. Et le transmettre de telle manière qu'on l'entende précisément comme témoin, comme celui pour qui le Royaume est une réalité indubitable, et non simplement comme un héraut à qui il est souvent tout à fait indifférent de savoir ce qu'il proclame dans les rues et les places des villes. C'est pourquoi Paul se réjouit que ceux à qui il s'adresse dans son épître témoignent eux-mêmes au monde du Christ et du Royaume (v. 8).

L'apôtre sait qu'il ne va pas vers des gens à qui il faut expliquer et prouver quelque chose, mais vers ses frères, avec lesquels il est uni dans l'essentiel : cette expérience de la vie du Royaume qui, à proprement parler, s'appelle le christianisme. Il semblerait que ceux qui ont une telle expérience n'aient plus besoin d'aucune instruction. Mais Paul veut tout de même voir les chrétiens de Rome afin de leur transmettre quelque don spirituel qui les aidera à « s'affermir » (v. 9-11). Et pour l'apôtre lui-même, cela sert manifestement de consolation, qu'il partage avec ses frères de Rome en se réjouissant de leur fidélité au Christ et au Royaume (v. 12).

On voit que Paul considérait son ministère non comme un enseignement, si caractéristique du milieu rabbinique auquel il avait lui-même appartenu avant sa conversion, mais comme une expérience de vie commune de la réalité du Royaume, connue de chaque chrétien. Le témoignage de Paul devenait, pour parler le langage philosophique, une actualisation de ce Royaume, permettant aux frères qui écoutaient l'apôtre de s'affermir dans ce qui leur était évidemment déjà connu par leur propre expérience spirituelle. Ainsi la prédication devenait témoignage, et le témoignage communion et unité dans le Royaume.