RÉFLEXIONS pour Jb 42:10-17
La conclusion du livre de Job ressemble extérieurement à la fin heureuse d'un conte terrible. Mais en réalité il n'en est pas ainsi. Plus exactement, il en est ainsi en ce sens que la fin fut vraiment heureuse pour Job. Mais le retour des temps heureux d'autrefois décrit par l'auteur du livre doit plutôt être considéré comme une allégorie. Elle rappelle beaucoup les promesses que les amis de Job lui faisaient, exigeant de lui le repentir et l'assurant que, s'il se repentait, Dieu lui rendrait ses jours heureux d'autrefois.
Mais il était vraiment difficile de décrire autrement le changement qui s'est produit en Job. Car, à ce qu'on voit, il est réellement devenu un homme heureux. Parce que sa vie a été renouvelée. Elle est redevenue pleine et entière. C'est précisément de cela que parle l'auteur sacré. Mais la forme de la description de la vie nouvelle est restée ancienne. Et il ne s'agit pas seulement du fait que les changements ont sans doute touché d'abord non pas la vie extérieure de Job. Il s'agit du fait que Job comprend d'une manière nouvelle ce qu'il savait déjà auparavant : le chemin de la justice.
Il avait toujours voulu marcher sur ce chemin. C'est pour cela qu'il défendait sa justice, car autrement toute sa vie serait devenue absurde. Et voici que maintenant s'ouvre à Job le véritable chemin de la justice dans toute sa plénitude, comme chemin dans le monde de Dieu devant la face de Dieu. Il ne s'agit pas ici du fait que tous les problèmes de Job se soient résolus d'un seul coup. Il s'agit du monde qui s'est ouvert à lui et qui est devenu pour lui une préfiguration du Royaume. Du reste, au moment de la rencontre avec Dieu, dans cette extase que l'homme éprouve alors, il oublie souvent réellement ses problèmes.
Même son état physique, un tel homme le vit autrement. Il n'est pas exclu qu'après sa rencontre avec Dieu, Job ait été guéri de ses maux physiques. Mais l'essentiel n'était tout de même pas là. L'essentiel était que Job ait reçu les réponses aux questions qui le tourmentaient. Et qu'il ait vu que la vie a un sens. Que ce sens lui est donné par Dieu. Et que même si l'homme le perd parfois, Dieu peut l'aider à retrouver ce qui a été perdu. Pourvu qu'il Le Lui demande et ne recule pas, quoi que disent ceux qui l'entourent pour l'en dissuader et l'appeler à être « plus modeste » et « plus pieux ». Alors Dieu répondra. Et une vie nouvelle viendra. Dans le grand monde de Dieu. Aux portes du Royaume.
