RÉFLEXIONS pour Jb 39:19-35
Parmi Ses autres créatures, Dieu montre à Job le cheval de guerre (v. 19 – 25). À la différence de l’autruche ou de l’âne sauvage, le cheval de guerre n’est pas seulement une créature de Dieu, mais aussi l’œuvre des mains humaines. Mais même le cheval, au fond, n’est pas soumis à l’homme si Dieu ne le lui soumet pas. La force dont l’homme a besoin de la part du cheval a été mise dans le cheval par Dieu ; c’est la même force naturelle que possède la licorne. Et, en elle-même, elle est tout aussi peu soumise à l’homme. Si Dieu n’avait pas rendu le cheval obéissant au cavalier, le cavalier ne serait jamais devenu cavalier. Ainsi apparaît que même ce qui, semble-t-il, a été créé par Dieu directement pour l’homme, l’homme ne peut s’en servir qu’avec l’aide de Dieu. L’homme ne peut rien par lui-même, il a toujours besoin de l’aide du Créateur ; autrement, il se révèle impuissant même là où, semble-t-il, il aurait dû se sentir chez lui. C’est dans cette impuissance de l’homme que réside la réponse à la question de Job sur la justice et sur les droits que le juste possède devant la face de Dieu.
La justice est sans aucun doute importante pour Dieu ; le juste et le pécheur ne sont pas identiques à Ses yeux. Mais la justice de l’homme n’est qu’un reflet de la justice de Dieu. Et même ce reflet ne devient possible que parce que Dieu Lui-même polit l’homme, faisant de lui un miroir de Sa justice. La justice n’appartient pas à l’homme ; il ne se rend pas juste lui-même, et c’est pourquoi personne ne peut présenter à Dieu sa justice comme une demande de droits particuliers ou d’une position particulière devant Dieu. La justice peut être propre à l’homme, mais l’homme ne s’appartient pas à lui-même. Tout ce qu’il y a de meilleur en lui, y compris la justice elle-même, est un don de Dieu, tout comme la possibilité d’user dans le monde de tout ce que Dieu y a préparé pour l’homme se révèle être un don de Dieu. La conscience religieuse ne le comprend pas ; l’homme religieux est sincèrement convaincu qu’il peut devenir juste, fût-ce avec l’aide de Dieu, puis se présenter à Dieu comme une sorte de cadeau que Dieu recevra avec joie. Mais Dieu veut expliquer à Job que l’homme ne peut rien par lui-même, que la justice est un chemin commun avec Dieu et un travail commun avec Lui pour la transfiguration de la nature humaine, travail que l’homme ne peut en aucune façon diriger. La justice n’est pas un don de l’homme à Dieu, mais une tâche donnée par Dieu à l’homme et librement acceptée par lui. Et toutes les œuvres et tous les actes de l’homme, toute sa vie et sa mort, et même le monde entier, ne sont qu’un instrument remis par Dieu à l’homme pour résoudre la tâche qui se tient devant lui.
