RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Gn 46:1-34

Le passage d’aujourd’hui raconte la migration de Jacob et de tous les membres de son clan en Égypte. Bien sûr, une telle migration est devenue possible avant tout grâce à Joseph, mais il faut garder à l’esprit qu’à cette époque l’Égypte était envahie par des tribus sémitiques venues en partie des déserts du Sinaï et en partie des steppes syriennes. Les historiens appellent ces tribus sémitiques les Hyksôs ; leur invasion de l’Égypte commença à la charnière des XIXe et XVIIIe siècles av. J.-C., et la migration de Jacob avec les membres de son clan en Égypte faisait partie de ce processus. De plus, en Égypte régnait alors une dynastie d’origine sémitique, ce qui rendit possibles à la fois la rapide carrière de Joseph lui-même et l’installation dans le pays de ses parents. Les tribus sémitiques s’installaient surtout dans le delta du Nil, où les conditions étaient presque idéales pour l’élevage, qui était leur activité traditionnelle (« le pays de Gessen », v. 34). Il faut noter que les Égyptiens ont toujours regardé les éleveurs comme des gens de rang inférieur, surtout les Sémites, qu’ils considéraient, comme tous les nomades en général, comme des barbares indignes d’attention. Il n’est pas étonnant que les pharaons de la dynastie sémitique n’aient nullement joui de popularité dans la société égyptienne ; on les supportait comme un mal inévitable, sans plus. Ils ne pouvaient s’appuyer ni sur l’ancienne aristocratie égyptienne, ni sur la bureaucratie locale, ni sur le clergé. Leur seul soutien fiable était les tribus sémitiques qui habitaient le pays, et c’est pourquoi les gens issus du milieu sémitique connaissaient alors un succès particulier à la cour. Il n’est pas étonnant que la demande de Joseph concernant l’installation de ses parents dans le pays ait rencontré un accueil bienveillant auprès du pharaon (v. 31 ; Gn. 47 : 5 – 6). Et Dieu utilise cette possibilité afin de préserver la vie de Son peuple et de ne pas le laisser mourir de faim ; Il dit directement à Jacob que la migration en Égypte fait partie de Son plan (v. 1 – 4). Certes, cela ne signifie nullement que les descendants de Jacob y resteront pour toujours ; viendra un jour où il faudra quitter l’Égypte, mais à ce moment-là il n’y avait pas de meilleur lieu pour le peuple de Dieu. Ainsi Dieu agit dans l’histoire, utilisant les processus historiques pour accomplir Ses plans concernant Son peuple.