RÉFLEXIONS pour Si 35:11-12
L’appel du sage à « ne pas diminuer les dons » peut paraître étrange, à moins de tenir compte du fait que tous les sacrifices étaient strictement réglementés par la Torah, tant du point de vue de la quantité (un nombre déterminé d’animaux sacrificiels lors de fêtes déterminées) que du point de vue de la qualité (l’animal sacrificiel devait avoir un âge bien déterminé, il ne devait pas être mutilé, etc.).
Dans quels cas celui qui offrait le sacrifice pouvait-il enfreindre ces exigences ? Évidemment, seulement lorsqu’il pouvait compter sur des concessions de la part de Dieu, qui recevait son sacrifice.
Un tel calcul peut paraître étrange, mais, d’un autre côté, il est humainement très compréhensible. Tout croyant a connu au moins une fois dans sa vie la tentation particulière d’une attitude familière envers Dieu et envers Ses exigences, lorsque l’on pense que, pour Dieu, on est des Siens, et que si on Lui demande « en ami », Il ne refusera certainement pas une petite concession.
C’est contre une telle attitude envers Dieu que le sage met en garde. Il sait que Dieu n’a pas de favoris, que Ses élus ne sont pas pour Lui des chouchous à qui Il pardonne tout et permet tout, mais des serviteurs responsables, dont la responsabilité est d’autant plus grande qu’il leur a été donné davantage. Et il ne s’agit pas ici du fait que Dieu serait impitoyable et ne voudrait pas s’abaisser à nos faiblesses et à nos péchés. S’il en était ainsi, aucun de nous n’aurait la moindre chance de salut.
Le fait est qu’une condescendance sans correction signifierait, dans ce cas, encourager précisément ces faiblesses et ces péchés qui rendent notre salut impossible. Dieu est prêt à nous accueillir tels que nous sommes. Mais nos péchés, eux, Il n’est pas prêt à les accueillir, non parce qu’ils Lui répugnent, mais parce qu’avec eux nous ne pourrons pas entrer dans Son Royaume, où Il veut nous introduire. C’est pourquoi Il ne nous permettra pas de devenir Ses favoris. Par amour pour nous et par désir de notre salut.
