RÉFLEXIONS pour Gn 17:1-27
Lorsqu’il est question d’une alliance-pacte avec Dieu, chez l’homme ou le peuple qui conclut une telle alliance surgit presque toujours la question : en quoi consiste donc cette alliance ? Quelle en est l’essence et le sens ?
On entend par là certains résultats, certains fruits, quelque chose qui dira de manière visible et tangible : oui, Dieu est réellement en alliance avec moi, avec nous. Dans le cas d’Abraham, il s’agissait de la terre, dont, il est vrai, ce n’était pas Abraham lui-même qui devait prendre possession, mais ses descendants. Mais quelque chose de plus important encore retentit. Dieu dit à Abraham : le résultat principal de l’alliance conclue, c’est Moi-même.
Beaucoup d’entre nous aujourd’hui seraient déçus par une telle réponse : car elle signifierait que nous devrions accomplir nos devoirs religieux sans rien recevoir en retour. Abraham, au contraire, en fut réjoui : auparavant déjà, Dieu S’était nommé devant lui du nom d’El-Shaddaï, qui signifie « Dieu de force ». Il s’agissait de la force qui est à la base de l’univers ; celui qui la possède possède le monde. Il n’est donc pas étonnant que, lorsque Dieu promit à Abraham que le fondement de l’alliance serait Lui-même, Abraham s’en réjouit : pour lui, il ne s’agissait pas de rites et de cérémonies, mais de la présence réelle dans sa vie de Dieu, à qui le monde entier est soumis.
Or toute alliance véritable avec Dieu ne peut être que telle. Dieu peut, bien sûr, affermir la relation en donnant, comme signe de Sa pleine confiance, quelque chose à celui ou à ceux avec qui l’alliance est conclue ; mais le fondement de l’alliance, son sens principal, reste de toute façon la relation elle-même. Tous les dons ne sont qu’une conséquence ; en ce sens, les relations de l’homme avec Dieu ressemblent aux relations entre les hommes. Que serait un cadeau en l’absence de relation ? Une offrande ou un pot-de-vin, rien de plus.
Avec Dieu, cela est évidemment impossible ; c’est pourquoi on ne peut rien Lui apporter ni rien recevoir de Lui si l’homme ou le peuple n’est pas lié à Lui par des relations profondes et confiantes. Et si elles existent, celui qui a conclu l’alliance participe à cette force de Dieu qui gouverne le monde. La force de Dieu, le souffle de Dieu, voilà les dons principaux : car ils ouvrent à l’homme l’essentiel que Dieu peut lui donner, Son Royaume.
