RÉFLEXIONS pour Иоил 2:12-13
Le sens originel du jeûne est le deuil, qu’il s’agisse d’un deuil personnel lié, par exemple, à la mort d’un proche, ou d’un deuil collectif, par exemple à l’occasion d’un malheur national. Il n’est pas étonnant qu’un jour de deuil national, dans les rues de Jérusalem, on ait pu voir des gens exprimer publiquement leur chagrin : en Orient, une telle pratique est encore aujourd’hui assez répandue. Et l’un des gestes qui expriment le chagrin est le vêtement de dessus déchiré. Or Dieu, cependant, dit : déchirez non pas vos vêtements, mais vos cœurs. Il n’y a pas besoin de signes extérieurs ; la conversion et le repentir sont plus importants. Pourquoi donc ? Le chagrin, sincèrement exprimé, fût-ce publiquement, comme c’était l’usage à cette époque chez les Juifs, n’est-il pas un signe de repentir ? Manifestement, pas toujours. Le chagrin, bien sûr, fait réfléchir, et parfois réévaluer quelque chose dans sa vie personnelle ou collective. Mais pas toujours : il peut aussi susciter une tristesse sans issue, la haine de la vie, le désir de se venger de celui que l’on tient pour responsable de ce qui est arrivé. Et les manifestations extérieures, surtout publiques, du chagrin ne font qu’attiser ces sentiments, empêchant souvent les processus spirituels qui auraient vraiment pu aider. Ce qui peut aider, manifestement, c’est une évaluation sobre de ce qui s’est passé, le repentir des péchés commis et le recours à Dieu avec une demande d’aide. Et le prophète propose au peuple précisément cette voie : non pas celle des explosions émotionnelles, mais celle d’un travail spirituel sérieux, qui aidera à prendre les bonnes décisions et à trouver une issue à une situation qui peut paraître absolument sans espoir.
