RÉFLEXIONS pour Lc 15:11-32
Ambroise de Milan, au IVe siècle, a appelé la parabole du fils prodigue Evangelium Evangeliorum — «l’Évangile des Évangiles», ou «le cœur de l’Évangile» (nous pouvons l’apprendre dans le livre du père Gueorgui Tchistiakov, «Au-dessus des lignes du Nouveau Testament»). Pourquoi? Réfléchissons-y. Oui, c’est une parabole sur notre péché; oui, c’est une parabole disant que Dieu attend toujours notre repentir; oui, elle dit aussi que souvent la justice n’a pas la force de pardonner l’injustice. Tout cela est vrai. Mais beaucoup de paraboles de l’Évangile parlent de cela... Le métropolite Antoine de Souroge souligne toujours que l’acte du fils cadet n’est pas terrible parce qu’il a dilapidé l’argent. Ni par la manière dont il l’a dilapidé, en vivant dans la débauche. Alors pourquoi? Parce qu’il a traité son père comme si celui-ci était déjà mort; voilà ce qu’il y a de plus terrible. En voulant recevoir sa part d’héritage, il a comme dit à son père: meurs, pour moi tu es mort. Qu’est-ce que cela nous rappelle aujourd’hui? Nous nous souvenons d’un homme qui a dit: «Dieu est mort». Nous pensons que c’était Nietzsche. C’est en partie vrai, mais ce n’est pas toute la vérité: ainsi ont dit, non, n’ont pas dit, mais, pire encore, ont pensé des millions d’autres personnes. Nous avons pour eux un nom modeste: athées. Il existe une histoire amusante. Au milieu du siècle dernier, sur le mur d’une université européenne apparut l’inscription: Dieu est mort. Nietzsche. Peu après, quelqu’un ajouta: Nietzsche est mort. Dieu. C’est drôle, mais du point de vue spirituel, c’est faux. Pour Dieu, chacun est vivant, chacun est désiré: voilà peut-être de quoi parle cette parabole, voilà pourquoi elle est le cœur de l’Évangile.
