RÉFLEXIONS pour Mc 14:3-9
L’une des propriétés uniques, infiniment précieuses et chères pour nous, de l’Évangile selon Marc est qu’il remarque des détails de vie, ou même pourrait-on dire du quotidien, apparemment insignifiants, mais toujours remplis d’un sens immense. Rappelez-vous comment lui seul, parmi les synoptiques, remarque que l’aveugle Bartimée jette son manteau avant de s’approcher de Jésus. Ici aussi, dans notre lecture d’aujourd’hui, lui seul remarque que la femme brisa le vase. Image simple, très visuelle, mais remplie d’un sens très profond. Arrêtons aujourd’hui sur elle notre regard priant. Pourquoi l’a-t-elle fait ? La première réponse possible : pour que plus jamais rien ne soit versé dans ce vase. C’est une remarquable interprétation, que l’on rencontre dans l’exégèse contemporaine, et elle est sans doute pleinement juste. Par ce geste, elle a accompli la plénitude du moment. Mais permettons-nous encore une autre interprétation. Rappelons-nous que cette femme est pécheresse, comme la dépeignent les évangélistes. Et que signifie pour elle cet état de péché ? Rappelons les psaumes. « À cause de tous mes adversaires je suis devenu un objet d’opprobre, même pour mes voisins, et d’effroi pour mes connaissances ; ceux qui me voient dans la rue fuient loin de moi. Je suis oublié des coeurs comme un mort ; je suis comme un vase brisé, car j’entends les médisances de beaucoup ; la terreur m’environne quand ils se concertent contre moi, ils méditent de m’ôter la vie (Ps 31:12-14) ». L’intégrité du vase dont le parfum est versé sur la tête de Jésus, et son brisement dès qu’il cesse de le servir. L’intégrité auprès de Dieu, le brisement entre les mains du péché. Oui, tout simplement l’impossibilité, l’inutilité d’une chose (et d’un homme, « je suis comme un vase brisé ») si elle ne sert pas le Christ.
