RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Jb 28:1-28

En poursuivant son discours, Job compose un véritable hymne à la sagesse, qu’il est pourtant impossible d’obtenir par les efforts humains. Il parle des possibilités de la raison humaine, qui pénètre les secrets de la nature (v. 1 – 11). Mais Job, on le voit, comprend parfaitement que même celui qui connaîtrait tout ce qui est ouvert à l’homme dans le monde créé par Dieu n’acquerrait pas pour autant la sagesse (v. 12 – 19). Pour lui, la sagesse ne se réduit pas à la somme des connaissances sur le monde, même si cette somme embrasse tout ce qui est accessible à la raison. La véritable sagesse, manifestement, n’est connue que de Dieu seul ; lui seul en est la source et le gardien (v. 23 – 28). Job revient ici, de toute évidence, à ce dont ses amis lui ont déjà parlé plus d’une fois : ce que les théologiens appelleront plus tard la révélation naturelle, la révélation de la puissance et de la sagesse de Dieu manifestées dans la création. Job ne nie pas, ni auparavant ni maintenant, la révélation naturelle. Mais il comprend que, s’il est possible de voir la sagesse à travers la création, ce n’est pas parce que cette sagesse en fait partie. Il n’y a pas de sagesse dans le monde ; elle est auprès de Dieu, et si elle se révèle à travers la création, c’est seulement parce que la création elle-même porte l’empreinte de la sagesse de son Créateur.

Mais une telle sagesse demeure étrangère à l’homme, à qui Dieu a donné une autre voie de connaissance : la crainte de Dieu et le juste choix spirituel et moral (v. 28). On voit que Job est définitivement convaincu que la révélation naturelle ne suffit pas, que les relations de Dieu avec l’homme sont essentielles, car sans elles la connaissance de la sagesse est impossible. Cela n’a rien d’étonnant si l’on se rappelle que, dans le judaïsme postexilique, on entendait déjà par sagesse avant tout l’art de la justice, une sorte d’habitude de vie juste. Et ici, dans les questions qui touchent à la Torah, à la vie spirituelle, au choix entre le bien et le mal, la nature, même marquée du sceau du Créateur, se révélait pour l’homme une mauvaise conseillère. La nature est amorale ; au fond, elle ne connaît ni le bien ni le mal. C’est pourquoi Job dit qu’aucune connaissance scientifique ni aucune réussite technique, en soi, ne rapproche l’homme de la connaissance de la sagesse. Il en va autrement de la relation avec Dieu : le tremblement sacré qui saisit l’homme en présence de Dieu et l’expérience de l’obéissance au commandement de Dieu sur le plan spirituel donnent à l’homme plus que toutes les connaissances scientifiques. Et cela n’a rien d’étonnant : il s’agit ici des relations avec Dieu, que l’on ne peut établir qu’en se trouvant face à face avec lui. C’est précisément cette rencontre que Job cherche.