RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Mc 6:53-56

D'un côté, il est vrai que Jésus nous révèle Dieu qui nous accueille tels que nous sommes, avec toutes nos maladies, nos besoins, nos complications psychologiques, nos complexes d'enfance..., et cela indépendamment de nos mérites ou de notre indignité. Tout cela est vrai, tout comme il est vrai que, grâce à la foi et à l'élan vers Dieu, beaucoup de problèmes se résolvent parfois, des maladies sont guéries, ou bien nous devenons (ce qui n'est sans doute pas moins précieux) capables de regarder toutes ces adversités de la vie autrement, comme on dit, avec les yeux mêmes de Dieu, d'en comprendre le sens et d'en tirer profit. Et, sans aucun doute, ce dernier point aussi peut être rapporté à ce qui est appelé dans le passage évangélique d'aujourd'hui des « guérisons », si l'on entend par là les actions divines grâce auxquelles notre raison, toute notre vie, bien qu'encore loin de l'idéal, commence à acquérir une certaine intégrité, et nous devenons capables de nous élever au-dessus des problèmes qui nous accablent, et de saisir quelque chose de nouveau et d'inattendu sur la vie, sur Dieu.

D'un autre côté, on a l'impression que, malgré le très grand nombre de scènes de guérisons et d'autres miracles dans l'Évangile, Marc, suivant l'Esprit et les intentions de Jésus, voulait encore dire autre chose. La guérison ou les changements en mieux peuvent se produire ou ne pas se produire (bien que, dans tous les cas, l'espérance du meilleur demeure), mais au fond de toutes ces attentes ou déceptions se cache un appel adressé à chaque homme: regarder à la racine et essayer de recevoir de tout son être que la souffrance et l'état de détresse sont synonymes de la vie humaine. Et leur dépassement n'est possible qu'en déplaçant notre attention de nos propres plaies vers les souffrances et la douleur des autres, comme le faisait Jésus. Car la participation à la souffrance d'autrui peut agir comme une anesthésie pour nos propres souffrances, et en même temps aider à rendre la vie plus supportable, et surtout non privée de consolations ni de la joie partagée avec les autres.