RÉFLEXIONS pour Lc 18:10-14
Nous commettons souvent une erreur à propos de ce texte. Nous jugeons trop facilement le pharisien. Mais nous oublions que nous devons nous rappeler qu'il était, apparemment, réellement juste. Et la justice n'est pas peu de chose. Mais le Seigneur nous appelle à comprendre que la justice seule ne suffit pas. Que manque-t-il donc au pharisien? La première chose qui vient à l'esprit, c'est qu'il lui manque la contrition du cœur (Ps 33), ou la qualité néotestamentaire qui en est la plus proche: la pauvreté en esprit. Il lui manque le repentir. C'est précisément pourquoi ce texte est aussi rattaché au début du Grand Carême. Mais le repentir n'est pas seulement la conscience de son péché et la prière pour le pardon. C'est quelque chose de plus. C'est quelque chose qui nous unit les uns aux autres de la façon la plus forte. Car les péchés d'autrui, nous les voyons toujours très bien, et voici que la conscience de notre propre péché adoucit notre cœur à l'égard des péchés des autres. Souvenons-nous des paroles de l'épître de Jacques: Car le jugement est sans miséricorde pour celui qui n'a pas fait miséricorde; la miséricorde triomphe du jugement. (Jc 2:13). Le repentir n'est pas tant la demande adressée à Dieu d'alléger le jugement sur moi personnellement que la miséricorde envers les prochains. Et cela aussi, nous l'oublions souvent en lisant le texte de la lecture d'aujourd'hui. Car se frapper la poitrine peut parfois même être très agréable, lorsque nous lisons superficiellement le texte sur la condamnation du pharisien et la justification du publicain.
