RÉFLEXIONS pour 1Co 15:1-11
Les paroles de Paul sur la Résurrection, proposées dans la lecture d'aujourd'hui, sont la meilleure illustration de ce que, dans la pratique ecclésiale, on appelle tradition ou transmission. Avant tout, au centre de la véritable tradition se trouve toujours le fait fondateur sans lequel le christianisme, comme expérience de la vie du Royaume, ne pourrait pas exister: le fait de la résurrection de Jésus-Christ (v. 3 – 7). Et ce fait, la tradition le confirme par les témoignages de témoins oculaires, grâce auxquels il devient non pas simplement un récit d'un événement historique, mais l'Évangile au sens premier du mot, la bonne nouvelle pour quiconque cherche le Royaume (v. 1 – 2). Les témoignages oculaires sont ici essentiels en principe: si la Résurrection n'est qu'un événement mystique ne touchant personne concrètement, si personne ne l'a jamais vécue comme réalité de sa propre vie, alors nous, qui vivons des millénaires après les événements décrits par les évangélistes, avons d'autant moins à espérer que la Résurrection puisse avoir le moindre rapport avec nous. Mais si, autrefois, elle a réellement changé la vie de ceux qui ont accueilli le Messie ressuscité d'entre les morts, alors nous pouvons nous aussi espérer que la Résurrection entrera dans notre vie, la transformera et nous fera participer au Royaume. Mais les témoignages de ceux dont les rencontres avec le Ressuscité, comme la rencontre de l'apôtre lui-même avec Lui, ont eu lieu après la Pentecôte, quand l'histoire du ministère terrestre du Sauveur était achevée, ne sont pas moins importants (v. 8 – 9).
En effet, sans de telles rencontres, nous pourrions très raisonnablement supposer que les possibilités de rencontre et de communion directe avec le Ressuscité étaient limitées aux quarante jours après la Résurrection dont parlent les évangélistes. Dans ce cas, il nous faudrait nous résigner à l'idée que le Royaume fut une réalité concernant notre monde seulement pendant ces quarante jours, et espérer qu'il nous sera de nouveau révélé à la fin des temps, avec le retour du Sauveur. Mais l'expérience de Paul lui-même (comme celle d'une multitude d'autres témoins qui vécurent plus tard) dit que le Royaume n'a pas disparu après l'Ascension, qu'il reste ouvert à tout chercheur et le restera jusqu'à la fin des temps, lorsqu'il apparaîtra dans toute sa plénitude. Et s'il en est ainsi, il est possible de vivre dans le Royaume dès aujourd'hui, tout comme il est possible de rencontrer le Ressuscité dès aujourd'hui, pourvu que l'on veuille vraiment cette rencontre. Et l'exemple de Paul lui-même confirme la possibilité d'une vie nouvelle (v. 10), devenant une illustration convaincante de ses paroles et les faisant entrer dans cette tradition vivante qui n'est pas fondée sur des livres décrivant le Royaume, mais sur des hommes qui y vivent.
