RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Gn 27:1-41

L’histoire de la bénédiction obtenue par tromperie suscite pour le moins de la perplexité. En effet, même si l’on met de côté l’aspect moral de l’affaire, quel sens a une bénédiction qui, au fond, est destinée à une autre personne ? Car même en se faisant passer pour elle, on ne recevra pas l’attitude qui était destinée à cette autre personne. Mais à l’époque dont parle le récit, on ne regardait pas la bénédiction tout à fait comme nous la regardons aujourd’hui. On entendait alors par bénédiction simplement la transmission, d’une personne à une autre, d’une certaine force surnaturelle que possédaient certains hommes, en particulier les chefs de tribu. Et avec cette force, le chef transmettait aussi le pouvoir au successeur qu’il bénissait. Il n’est pas étonnant qu’Isaac, ayant appris la tromperie, dise malgré tout à Ésaü qu’il n’a pas d’autre bénédiction pour lui : car la force du chef ne pouvait être donnée qu’une seule fois ; ce qui est fait est fait, il n’est plus possible de revenir en arrière. Mais alors se pose une question naturelle : et Dieu dans tout cela ? Certes, il est difficile de trouver un héros positif dans toute cette histoire ; chacun des personnages qui y participent apparaît plutôt comme un antihéros que comme un héros. Mais l’un de ces antihéros devait pourtant devenir le chef du peuple de Dieu. Certes. Mais Dieu aussi doit avoir affaire aux personnes qui existent. Il n’y en a pas d’autres. Et Il doit éduquer le chef de Son peuple. Pour cela, il faut des qualités de départ avec lesquelles travailler. Jacob n’en avait peut-être qu’une seule : devenir chef était pour lui le but et le sens de sa vie. Bien sûr, il voulait seulement devenir chef de sa tribu ; au début, il ne pensait sans doute pas du tout à être chef du peuple de Dieu et ne s’imaginait même pas ce que cela signifiait. Mais Dieu, s’appuyant sur cette aspiration si importante pour Jacob, fera le reste. Et Jacob deviendra chef. Non seulement de sa tribu, mais aussi du peuple de Dieu.