RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Jb 11:1-20

Plus Job pose à Dieu des questions aiguës, plus ses amis prennent peur. Tsophar, le troisième ami qui participe à la discussion, accuse pratiquement Job d'impiété et presque de blasphème. Pour lui, toutes les questions et toutes les hésitations de Job ne sont que bavardage (v. 1-3). Cette réaction peut sembler un simple mépris; mais ce mépris vient du même effroi religieux qui détermine les deux autres amis de Job. En effet, les questions de Job peuvent devenir destructrices pour la conscience religieuse si l'homme religieux essaie d'y répondre honnêtement, car cette conscience se caractérise par une grande prudence devant toute expérience de révélation directe.

Cela est surtout propre à la religiosité païenne; mais même une religion née de la révélation reste, sous un certain aspect, une religion, et suppose donc une certaine distance entre l'homme et Dieu, une sorte de «distance de sécurité» que l'on ne réduit qu'en cas extrême. Or Job veut justement rencontrer Dieu face à face. Il n'est pas étonnant que Tsophar, comme les deux autres amis, en soit effrayé. Comprenant qu'il ne peut répondre au fond à la question de Job, Tsophar tente de la vider de son sens. Il lui dit: es-tu donc si sûr de ta pureté? Peut-être mérites-tu un châtiment beaucoup plus lourd que celui qui t'atteint maintenant? Dieu ne t'a-t-Il pas encore caché quelque chose par miséricorde (v. 4-6)?

Bien sûr, ce n'est pas une réponse à la question posée par Job. Tsophar ne veut pas répondre; il veut faire taire Job et le pousser à renoncer de lui-même à ses questions. Il lui dit: regarde qui est Dieu et qui tu es. Peux-tu te mettre à Son niveau? Peux-tu Le connaître? Ne sait-Il pas mieux que toi qui juger, quand et comment (v. 7-11)? Et sans voir que Job demande précisément à Dieu un jugement juste, il lui dit: ne vaudrait-il pas mieux te tourner simplement vers Dieu, te purifier de tous tes péchés? Alors tout ira de nouveau bien (v. 12-15), l'idylle religieuse reviendra, le juste retrouvera la prospérité qu'il mérite et l'impie, comme il se doit, sera couvert de honte (v. 16-20).