RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Gn 17:1-27

Le passage d'aujourd'hui contient le récit d'une autre rencontre avec Dieu, très importante pour Abraham. Ici Dieu révèle pour la première fois à Abraham le nom par lequel on L'appellera pendant plusieurs siècles, jusqu'à l'époque de l'Exode. Ce nom est El-Shaddaï, «Dieu de la puissance» (v. 1). La traduction «Dieu Tout-Puissant» peut formellement être considérée comme juste, mais elle ne reflète pas toute la profondeur du sens du nom révélé à Abraham. Car il ne s'agit pas seulement ici du fait que le Dieu d'Abraham peut tout. Il s'agit de la puissance que tous connaissaient dans l'Antiquité, de la force surnaturelle qui est à la base de l'univers, se cachant derrière la nature et se manifestant dans les phénomènes naturels les plus divers, depuis le coup de foudre jusqu'à la source jaillie dans la steppe sèche. Les anciens pensaient que cette puissance appartenait aux dieux, aux esprits et même à certains hommes (chefs, prêtres, sorciers, mages), mais personne n'avait jamais prétendu en être la source et le porteur uniques. Or Dieu, s'adressant à Abraham, lui parle de Lui-même précisément comme du «Dieu de la puissance», du Dieu qui en est la seule source et le seul maître. Un tel Dieu, bien sûr, ne peut pas ne pas être le Créateur du monde et son unique Souverain. Mais il y eut dans cette rencontre quelque chose d'autre, non moins important. Ce n'est pas par hasard que c'est maintenant qu'Abram devient Abraham, et Saraï, Sara; leurs noms précédents étaient autres (v. 5, 15). Or un changement de nom a toujours signifié, chez tous les peuples, un profond changement intérieur. Il signifiait que l'ancien homme qui portait l'ancien nom n'existait plus, qu'à sa place était apparu un autre, un homme nouveau, et que cet homme nouveau portait un nom nouveau. De toute évidence, avec le nom de son Dieu, Abraham apprend encore quelque chose, peut-être de plus important. Mais ce «quelque chose» appartient apparemment au nombre de ces changements intérieurs qu'il est impossible d'exprimer par des mots, et l'auteur sacré ne fait qu'indiquer le changement survenu en Abraham en mentionnant son nouveau nom. Et ce n'est que maintenant que Dieu accomplit Sa promesse concernant l'héritier (v. 6-8, 16-21). Il ne pouvait en être autrement: car l'héritier d'Abraham devait être non seulement le chef de sa tribu, mais aussi le chef du peuple de Dieu, et chez les peuples nomades de ce temps-là le chef remplissait d'ordinaire aussi le rôle de grand prêtre; c'est sur lui que reposait la responsabilité des relations avec les puissances supérieures. Et l'héritier d'Abraham devait, comme Abraham lui-même, devenir un homme de Dieu, un chef non seulement militaire et politique, mais aussi spirituel. Pour cela, Abraham lui-même et Sara devaient vivre la rencontre avec Dieu et le renouvellement spirituel, devenant d'autres personnes. On ne peut pas entrer dans l'alliance avec Dieu et rester le même; Il transformera et renouvellera nécessairement spirituellement ceux qu'Il a appelés à Le suivre afin de les rendre dignes de l'alliance conclue.