RÉFLEXIONS pour Mc 1:9-15
Le ministère terrestre du Sauveur commence par la descente de l'Esprit de Dieu, suivie de l'épreuve au désert (décrite plus en détail par les autres évangélistes) et du ministère proprement dit, du témoignage rendu au Royaume (Marc décrit tout cela brièvement et avec concision). Qu'avons-nous devant nous: une particularité unique du ministère de Jésus comme Messie, ou bien une sorte d'algorithme spirituel universel (dans la mesure où l'on peut parler d'algorithmes à propos de la vie spirituelle)? Ou peut-être les deux? Bien sûr, le chemin du Christ est unique. Mais, d'autre part, Jésus n'est pas né homme pour n'avoir rien de commun avec nous, y compris en ce qui concerne la vie spirituelle. Des épreuves telles que celles qui L'attendaient au désert ne nous arriveront sans doute pas, bien que quelque chose de semblable puisse tout à fait nous attendre aussi: le diable n'est pas aussi inventif qu'on le pense parfois. Mais témoigner du Royaume, il nous faudra le faire en tout cas, si seulement nous sommes chrétiens autrement que de nom. Et la descente de l'Esprit de Dieu deviendra elle aussi nécessairement une partie de notre vie spirituelle, si seulement, bien sûr, nous ne restons pas pour toujours (au sens spirituel) des enfants ayant fait le premier pas vers le Royaume et s'étant arrêtés à peine le seuil franchi. Quant à savoir comment tout cela se produira, la question reste ouverte. Parfois des processus spirituels semblables ou identiques prennent, dans des conditions extérieures différentes, des formes très diverses. Chacun a les siennes, et il n'y a aucun sens à imiter la vie spirituelle d'autrui: c'est de toute façon inutile et presque toujours nuisible. Sans parler du fait que, dans le cas du Messie, de tels efforts paraissent en outre tout simplement ridicules. Car Jésus n'est pas venu dans notre monde pour que nous imitions Sa vie, ni pour obliger chacun de nous à parcourir exactement le même chemin que Lui (après tout, aucun de nous n'en est capable: pour cela il faut être libre du péché). Jésus est venu dans le monde pour nous donner le Royaume, à chacun de ceux qui voudront y entrer. Et aussi pour nous aider à y parvenir. Bien sûr, le chemin vers le Royaume n'est pas moins difficile que le chemin de la justice à l'époque préchrétienne; il est tout aussi impossible d'y marcher sans l'aide de Dieu qu'il était impossible de marcher sans Son aide sur le chemin de la justice. Mais sur le chemin du Royaume se trouve un obstacle que l'homme est par principe incapable de surmonter: le péché de la nature humaine déchue. Et si, sur le chemin de la justice, l'homme est tout de même capable, avec l'aide de Dieu, d'avancer d'une certaine manière, chacun de nous ne peut être porté dans le Royaume que dans les bras. Et tout le chemin terrestre de Jésus était nécessaire précisément pour qu'ensuite Il puisse porter chacun de nous dans le Royaume dans Ses bras. Bien sûr, cela ne signifie nullement qu'il n'y aura pas d'épreuves dans notre vie ni que nous n'aurons pas besoin de l'aide de l'Esprit de Dieu: on ne pourra pas faire tout le chemin dans les bras du Messie, et la vie dans le Royaume exige aussi de savoir marcher. Mais Il nous aidera à surmonter ce qui est pour nous insurmontable. Sans cela, il nous faudrait oublier le Royaume. Pour toujours.
