RÉFLEXIONS pour Mc 6:30-44
L'événement que nous raconte la lecture d'aujourd'hui a toujours suscité une foule de questions, et beaucoup de commentateurs et de prédicateurs y ont réfléchi et en ont débattu, en essayant de comprendre ce qui s'était donc réellement passé alors dans le désert. Habituellement, lorsqu'ils partaient pour plusieurs jours, les voyageurs emportaient naturellement avec eux une réserve de nourriture. Mais cette fois, manifestement, la décision fut prise si hâtivement qu'il n'y eut pas le temps de se préparer (v. 33). À en juger par le fait que, par la suite, les disciples durent passer sur la rive opposée du lac de Génésareth pour se rendre à Bethsaïde (Mc 6:45), les événements décrits se déroulèrent sur sa rive orientale, en Transjordanie, qui, aux temps évangéliques, n'était pas un désert au sens littéral du mot, mais une steppe sèche. La rive orientale du lac de Génésareth était un lieu désert, et les villages les plus proches où l'on pouvait acheter de la nourriture étaient loin. C'est alors que se produisit le miracle qu'on appelle ordinairement le miracle de la multiplication des pains. On ne peut rien dire de certain sur la manière exacte ni sur le moment où il eut lieu, car le texte évangélique ne donne aucun détail qui révélerait, pour ainsi dire, le «mécanisme» du miracle. Seul le résultat est décrit: cinq pains et deux poissons suffirent pour plusieurs milliers de personnes, et il y en eut en abondance (v. 41-44). La seule explication que l'on puisse voir est la bénédiction de la nourriture par Jésus, mentionnée dans le récit (v. 41), sans laquelle aucun repas n'est possible pour des Juifs croyants; en effet, pendant la prière de bénédiction, ceux qui se mettent à table invoquent Dieu, L'invitant à se joindre à eux et à bénir la table et la nourriture. En décrivant le miracle, l'évangéliste attire l'attention sur le fait que la bénédiction de Jésus n'était pas une bénédiction ordinaire, mais une bénédiction qui permit aux personnes présentes d'entrer directement dans le Royaume de Dieu, où même les lois de la nature n'agissent pas comme dans le monde ordinaire et où, par conséquent, la faim n'a pas de place, de sorte que tout affamé est rassasié.
