RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour 1P 1:15-16

L'appel de Dieu: «soyez saints, parce que Je suis saint» a retenti pour la première fois dans la seconde partie du Livre du Lévitique, qui, à en juger par tout ce que l'on sait aujourd'hui de l'histoire du texte du Pentateuque, fut écrite dans le milieu sacerdotal de Jérusalem au IXe siècle av. J.-C. Auparavant, et cela se voit bien dans la première partie du même Livre du Lévitique, la tâche principale des fidèles était de conserver la pureté rituelle: c'est elle, en effet, qui donnait à l'homme la possibilité de s'approcher de l'autel, de prendre part au sacrifice et au repas sacrificiel, d'être sanctifié en touchant à la présence de Dieu, ce qui constituait le sens principal de tous les sacrifices yahvistes. Mais de telles sanctifications ne représentaient, dans la vie spirituelle des yahvistes de la première période, que des épisodes, bien que des épisodes essentiels: seuls les prêtres pouvaient demeurer près de l'autel un temps plus ou moins prolongé, tandis que tous les autres y passaient, au mieux, quelques heures par semaine. Or, à l'époque où apparut la seconde partie du livre, sinon à tous, du moins à certains, il fut révélé que l'état de sanctification («sainteté») devait devenir la norme pour le peuple de Dieu, même si le Livre du Lévitique ne dit pas comment atteindre cette norme, ni même comment s'en approcher; il ne propose que des normes de pureté rituelle quelque peu modifiées et en partie élargies, sans différence de principe avec celles qui s'appliquaient à une période plus ancienne. Il n'y a là rien d'étonnant: car la tâche de vivre dans l'état de sanctification, d'y demeurer constamment, était en réalité une tâche «pour l'avenir»: elle ne pouvait être résolue radicalement que dans le Royaume et seulement avec la venue du Messie, même si cela, à l'époque où retentit l'appel à la sainteté, n'était encore perçu que très confusément. Il fallut encore des siècles d'histoire de la Révélation, achevés par la venue du Christ, pour que la solution de la tâche posée devienne possible pleinement, sans concessions à la péché humain ni aux accommodements qui y sont liés. Et voici que l'apôtre revient maintenant à l'appel qui avait retenti pour la première fois dans le Livre du Lévitique et qui était sans doute bien connu de la première génération chrétienne, laquelle connaissait parfaitement la Torah. Il appelle ses coreligionnaires à faire en sorte qu'il n'y ait dans leur vie aucun acte incompatible avec l'état de sanctification («sainteté»), comme il n'y en eut pas dans la vie du Sauveur Lui-même. Et cet appel, bien entendu, n'est pas fortuit: car il s'agit de la vie dans le Royaume, qui tout entier constitue un espace sacré, sanctifié par le souffle de Dieu. L'espace où les chrétiens doivent désormais vivre.