RÉFLEXIONS pour Mc 3:1-12
Comment expliquer le comportement des pharisiens dans ce passage ? C'est la première question. En parallèle vient la seconde : comment expliquer le comportement de Jésus ? Pour le lecteur moderne de l'Évangile, formé aux valeurs de l'humanisme, il est facile de voir dans les pharisiens de véritables « fils de l'enfer ». Nous, nous sommes sans réserve du côté de Jésus, et cela ne signifie-t-il pas que nous sommes bien meilleurs qu'eux, même si, dans la vie, nous ne nous souvenons pas très souvent de Dieu ? Réfléchissons...
Les pharisiens formaient un parti religieux avec une tradition fondée sur l'étude scrupuleuse de la Loi de Moïse. Beaucoup de choses leur paraissaient évidentes, par exemple qu'un homme à la main desséchée était puni par Dieu pour quelque chose. Accepter que la spiritualité puisse provenir d'une autre source revenait à tout perdre. Et si le miracle d'une guérison le jour du sabbat est évident, il était le fruit d'une « autre » spiritualité... ne serait-elle pas satanique ?
Regardons maintenant encore une fois notre épisode. Me voici témoin d'un miracle évident... Il fait irruption dans mon monde habituel et explicable, et le détruit. Qu'est-ce qui m'est le plus facile : m'incliner dans la joie du cœur devant ce qui est arrivé, avec une humble reconnaissance, ou me détourner en marmonnant que le miracle a été accompli « par la puissance de Béelzéboul » ?
D'un autre côté, que signifiait pour l'homme à la main desséchée, qui souffrait depuis de nombreuses années, d'attendre encore un jour ? Que coûtait-il à Jésus d'attendre encore un jour et de ne pas mettre les pharisiens à l'épreuve ? En effet, un délai d'un jour, sur le fond de toute une vie, ne joue aucun rôle. Mais, manifestement, il n'en va pas ainsi pour l'amour de Dieu. Peut-on remettre à plus tard une rencontre inattendue ? Et attendre pour aimer ? Le Médecin et le malade qui se sont rencontrés dans ce texte évangélique pouvaient-ils tarder à s'ouvrir l'un à l'autre ? Il ne s'agit pas du caractère révolutionnaire de Jésus, ni d'une provocation délibérée dans son comportement. Il s'agit seulement du fait que son amour est véritable.
