RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Ps 143:10

Le chemin de la justice a toujours été le chemin de Dieu, et tout juste, en tout temps, demandait à Dieu de lui enseigner Ses voies. Tout serait plus simple s'il ne s'agissait que de commandements ou de lois qu'il suffit d'observer pour être juste. Bien entendu, il faut observer les commandements donnés par Dieu; autrement, il ne peut être question d'aucun chemin de justice.

Mais l'observance extérieure et formelle des commandements ne suffit pas. Si les commandements et la loi de Dieu en général étaient semblables aux lois humaines, s'ils n'étaient qu'un recueil de règles inventées par Dieu pour que les hommes les observent, leur observance formelle suffirait, comme l'observance formelle des lois inventées par les hommes suffit pour ne pas être leur transgresseur.

Mais avec la loi de Dieu, la situation est autre. Le mot «Torah», utilisé dans le texte hébreu de l'Ancien Testament pour désigner la loi, est assez riche de sens: il signifie à la fois la législation, le mode de vie qui lui correspond, et même l'état spirituel de l'homme qui répond à ce mode de vie.

Cette richesse de sens tient au fait que, contrairement aux lois humaines, la loi de Dieu n'est ni conventionnelle ni arbitraire: elle reflète les régularités qui caractérisent les relations entre Dieu et l'homme. C'est une loi objective de la vie spirituelle, reflétée dans les commandements.

Les lois naturelles sont impersonnelles; ici, des définitions suffisent donc. Les lois spirituelles sont personnelles, parce que la vie spirituelle elle-même est d'abord un système de relations qui unit l'homme à Dieu et aux autres hommes. Ici, l'essentiel est le choix fait et la décision prise, la volonté et l'intention; or la volonté et l'intention se décrivent plus facilement dans le langage des commandements que dans celui des définitions abstraites.

Si le commandement se transforme en définition abstraite, fût-elle de contenu moral, il ne reste de la relation concrète et pleine de vie qu'une abstraction morte, et de la vie spirituelle, un simple schéma. C'est pourquoi l'hymnographe mentionne le souffle, l'«esprit» de Dieu: seul Son souffle peut vivifier toute relation, avec Lui-même ou avec n'importe quel homme.

Alors le chemin de la justice se révèle vraiment le chemin de Dieu, et non celui d'un «perfectionnement moral de soi» assez morne, incapable de mener à autre chose qu'à un légalisme dur et à un rigorisme sec. Contrairement à cette voie sans issue, le chemin de la justice conduit au Royaume, plein de vie et de joie, au Royaume rempli du souffle de Dieu.