RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Mc 9:10-16

Les disciples de Jésus ne comprennent pas ce qu’Il leur dit de Sa résurrection. Les conceptions traditionnelles de la résurrection n’envisageaient que la résurrection générale au jour du Jugement, lequel, dans la conscience des Juifs de l’époque évangélique, coïncidait très probablement déjà avec le jour de la venue du Messie et du triomphe du Royaume messianique.

Les apôtres ne comprenaient pas comment le Messie pouvait ressusciter avant tous les autres, pas plus qu’ils ne comprenaient pourquoi Il devait mourir : les conceptions messianiques traditionnelles de l’époque n’envisageaient rien de tel. Selon ces mêmes conceptions, peu avant le jour du Jugement et la venue du Messie, le prophète Élie devait descendre du ciel. Une tradition fondée sur le témoignage de l’Écriture Sainte affirmait qu’il n’était pas mort, mais avait été enlevé vivant au ciel. C’étaient ces conceptions traditionnelles qui déterminaient les questions et la perplexité des apôtres.

Jésus leur répond d’une manière assez inattendue. Il ne rejette pas la tradition concernant Élie, mais la réinterprète sous un angle tout à fait surprenant. Jésus dit qu’Élie est déjà venu, mais qu’on ne l’a pas reconnu, faisant ainsi allusion à Jean le Baptiste. Cela pourrait sembler être une allégorie évidente. Pourtant, la question n’est pas si simple : derrière l’allégorie se trouve ici une réalité liée à l’intégrité spirituelle et à la continuité de la Tradition. Il n’était évidemment pas possible d’attendre le retour d’Élie de la manière dont le peuple l’attendait.

Jean le Baptiste accomplit précisément ce que le peuple attendait du retour d’Élie : il le prépara, autant que possible, à la venue du Messie. Bien sûr, le Messie et le Royaume dont il témoignait au peuple n’étaient pas ceux qui correspondaient aux représentations populaires.

Jésus Lui-même correspondait si peu à ces représentations qu’Il dut même dissimuler Sa messianité pendant assez longtemps. Le but principal de Son ministère était de faire participer le plus grand nombre possible de personnes au Royaume qu’Il avait apporté dans le monde : un Royaume qui, contrairement aux attentes populaires, s’avéra être, selon Ses propres paroles, « un Royaume qui n’est pas de ce monde ».