RÉFLEXIONS pour Lc 17:12-19 — le 22 décembre 2024

RÉFLEXIONS pour Lc 17:12-19

On peut se demander pourquoi seul le Samaritain est revenu remercier le Sauveur de sa guérison. Pourquoi les autres ont-ils considéré le miracle comme un dû ?

La réponse tient peut-être précisément au fait que celui qui est revenu n'était pas juif, mais samaritain. En effet, l'homme guéri comprenait parfaitement qu'il avait devant lui un Juif qui ne lui devait rien, et que si cet Homme le guérissait, ce serait uniquement par miséricorde : il savait très bien comment les Juifs considéraient les Samaritains.

Le Samaritain guéri comprend parfaitement qu'il a reçu quelque chose qu'il ne méritait en rien. Ses compagnons d'infortune, des Juifs, se considèrent peut-être dans une autre situation. Il est difficile de savoir ce qu'ils pensaient des causes de leur maladie. Quoi qu'il en soit, ils estimaient probablement avoir droit à une aide, à une guérison, à l'intervention de Dieu dans leur vie : ils appartenaient au peuple de Dieu, ils étaient croyants, et Dieu leur avait fait toutes ces promesses qui résonnaient depuis le temps d'Abraham. Peut-être voyaient-ils leur guérison comme un événement dans l'ordre des choses. Il est tout à fait possible qu'ils se soient non seulement réjouis, mais qu'ils aient aussi remercié Dieu de leur guérison ; pourtant, au fond d'eux-mêmes, ils considéraient peut-être encore leur maladie comme une erreur ou une injustice que Dieu avait enfin réparée par l'intermédiaire de ce Prophète inconnu d'eux.

Peut-être les Juifs guéris ont-ils perçu leur guérison comme la restitution de ce qui leur appartenait de droit. Certes, s'il s'était agi uniquement de guérison, de délivrance de la maladie, la situation aurait pu donner lieu à des appréciations différentes. Mais il s'agissait de la manifestation du Royaume, qui avait rendu la guérison possible. Et leur assurance, fondée sur leur propre piété, joua ici un mauvais tour aux Juifs guéris : ils estimèrent avoir eu part de plein droit à la puissance du Royaume qui les avait guéris.

C'est ainsi que la religion trompe parfois l'homme : elle lui donne de l'assurance là où, en réalité, rien ne dépend de lui, elle le pousse à exiger là où il ne peut que demander. Pour le Samaritain, les choses étaient plus simples : sa religion ne lui donnait pas une telle assurance. Il revient rendre grâce pour une guérison imméritée. Et il se retrouve au seuil du Royaume, qu'il ne lui sera pas difficile de franchir.