RÉFLEXIONS pour 1Jn 3:11-24
La haine est une manifestation du mal, une passion pécheresse, et même très dangereuse. On peut, certes, se justifier en disant que ce que nous haïssons, c'est le mal, qu'il faut justement haïr ; et la Bible mentionne plus d'une fois la haine en ce sens. C'est vrai, mais le problème est que notre haine humaine glisse trop facilement du mal vers ceux qui en sont atteints comme d'une infection. Alors, tout en semblant combattre le mal, nous en devenons nous-mêmes, sans nous en apercevoir, les porteurs et les propagateurs, capables de ces mêmes actes qui nous irritent chez nos adversaires. (Et ne nous irritent-ils pas justement parce qu'en les regardant, nous nous voyons nous-mêmes ?) Or l'apôtre appelle meurtrier quiconque hait son frère. On pourrait objecter avec mauvaise foi qu'il ne parle que des frères et que, si des étrangers nous haïssent, notre renoncement à la haine ne s'applique pas à eux. Mais nous ne devons pas oublier qu'à la question analogue de savoir qui considérer comme son prochain, le Maître a répondu par la parabole du Samaritain, et que Lui-même nous a appelés à aimer aussi nos ennemis.
Nous pouvons nous approcher de Dieu si notre cœur — autrement dit, semble-t-il, notre conscience — ne nous condamne pas. Mais le cœur peut perdre sa sensibilité à cause de son endurcissement, consécutif à de nombreux péchés dont on ne s'est pas repenti. Le Seigneur rejettera-t-Il la prière d'une telle personne ? Le Seigneur est miséricordieux, Il prend soin de tous, et qui est sans péché ? Pourtant, si nous pensons qu'Il ne nous entend pas, il vaut la peine de nous demander si ce n'est pas en nous que se trouve la raison pour laquelle nous n'obtenons pas ce que nous demandons. Demandons-nous quelque chose de bon, et ne nous présentons-nous pas devant Lui avec un cœur de pierre ?
