RÉFLEXIONS pour Nb 24:2-7 — le 16 décembre 2024

RÉFLEXIONS pour Nb 24:2-7

Le monde païen connaissait ses propres prophètes, qui étaient nombreux. L'attitude de la Torah et de la Bible dans son ensemble envers eux est connue : selon la loi de la Torah, ils ne pouvaient s'attendre qu'à la lapidation. Et pourtant, les prophètes bibliques et ceux du monde païen avaient quelque chose en commun. Ce n'est pas un hasard si Balaam se nomme « l'homme à l'œil ouvert » (verset 3). Il s'agit de sa capacité à percevoir les réalités du monde spirituel, capacité dont est dépourvu l'homme ordinaire, aussi bien dans l'Antiquité qu'à notre époque. Une telle vision suppose que les limites de la perception se déplacent et que son champ s'élargisse. Ces changements ne sont pas toujours liés à la vie spirituelle : il s'agit de processus naturels, psychiques, qui peuvent se produire pour des raisons très diverses.

Dieu utilise ces particularités du psychisme humain pour rendre l'homme capable d'entendre les paroles de Dieu et de voir les visions de Dieu (verset 4). Bien sûr, Balaam n'a aucun rapport avec Yahvé ni avec le yahvisme. Il ne faut guère comprendre en ce sens les paroles qu'il prononce à son propre sujet. En parlant de son dieu, il emploie le mot hébreu « el », qui pouvait désigner en hébreu n'importe quelle divinité païenne, comme les mots apparentés dans les autres langues sémitiques.

Balaam est manifestement l'un des nombreux prophètes païens qui existaient alors au Proche-Orient. Mais les limites de sa perception sont élargies et, surtout, il veut rester spirituellement honnête envers lui-même et envers les hommes, mais avant tout envers le dieu qu'il sert. Quoi qu'il lui soit révélé, il ne trompera personne. C'est alors qu'intervient le vrai Dieu, le Dieu d'Israël. Balaam est prophète et peut donc entendre Dieu. S'il le veut, bien sûr.

Même un homme ordinaire peut entendre bien davantage que ce qu'il entend effectivement. S'il entend moins qu'il ne le pourrait, c'est le plus souvent parce qu'au fond de lui il ne veut pas en entendre davantage et en a peur. Balaam n'est pas ainsi : il est prêt à entendre ce qu'il lui sera donné d'entendre et ne craint pas d'en témoigner. Cela fait de lui un véritable prophète avant même qu'il connaisse le vrai Dieu. Et lorsqu'il Le rencontre, il reconnaît Sa voix et fait ce que le Dieu d'Israël exige de lui. Comme il convient à un véritable prophète.