RÉFLEXIONS pour Jn 8:31-59 — le 6 décembre 2024

RÉFLEXIONS pour Jn 8:31-59

S'adressant à ceux qui ont cru en Lui, Jésus continue de leur parler du Royaume qu'Il a apporté dans le monde. Il dit : si vous gardez Mon enseignement (« demeurez dans Ma parole »), vous êtes Mes véritables disciples, et vous connaîtrez alors la vérité qui vous donnera la liberté (v. 31–32). Ils ne Le comprennent pas et Lui disent : nous sommes déjà libres, nous ne sommes pas des esclaves, nous sommes les enfants d'Abraham (v. 33). Jésus dit alors quelque chose que les pharisiens, en tant qu'hommes religieux, trouvent extrêmement étrange et désagréable à entendre. Il leur dit : vous êtes esclaves du péché et, tant que vous ne vous en serez pas libérés, vous resterez esclaves. Alors vous ne pourrez ni entrer dans le Royaume ni y demeurer, car seul un fils peut rester pour toujours dans la maison, jamais un esclave (v. 34–36). Cette affirmation semble indigner Ses auditeurs au point qu'ils désirent de nouveau tuer Jésus (v. 37). Jésus Lui-même l'explique simplement : ils ne peuvent accueillir en eux ce qu'ils entendent de Lui. En effet, tous ceux qui L'écoutent sont des hommes profondément religieux, observant strictement les normes et les règles de pureté rituelle détaillées dans la Torah. Et voilà que cet Homme étrange les accuse d'être plongés dans le péché, à tel point que, sans des efforts particuliers, surnaturels, pour se purifier, ils ne pourront entrer dans le Royaume ! Apparemment, même après avoir fait confiance à Jésus, ils s'attendaient à tout de Sa part, sauf à cela ! Jésus essayait simplement de leur expliquer la différence entre la pureté relative possible dans un monde non transfiguré et la pureté du Royaume, qui n'admet aucun péché. Ceux qui écoutent Jésus cherchent de nouveau à s'abriter derrière la tradition religieuse : en réponse à Ses paroles sur leur désir de Le tuer (v. 37–38), ils en appellent aux pères, et avant tout à Abraham, dont tous les Juifs se considèrent comme les descendants, les « enfants » (v. 39). Mais Jésus ne leur laisse pas ce refuge. Il leur dit qu'être l'héritier d'Abraham signifie non pas seulement appartenir au même peuple que lui, mais partager son esprit, « faire les œuvres d'Abraham » (v. 39–40). Ils avancent alors leur dernier argument : nous sommes le peuple de Dieu, notre père est Dieu (v. 41). Mais, là encore, Jésus ne ménage pas Ses interlocuteurs. Il dit : le peuple de Dieu, ce sont ceux qui font les œuvres de Dieu. Il dit : vous voyez vous-mêmes que Je fais l'œuvre de Dieu et que Je ne vous ai trompés en rien ; pourquoi donc ne Me croyez-vous pas ? Est-ce ainsi qu'agissent ceux dont Dieu est le père (v. 42–47) ? Alors, ces hommes qui, peu auparavant, semblaient avoir cru en Jésus Lui disent ouvertement : maintenant, tout est clair, Tu es possédé par un esprit impur (v. 48). À une telle accusation, Jésus ne pouvait apparemment répondre qu'une chose : J'honore Dieu, et vous M'insultez pour cela ; mais celui qui restera fidèle à ce que J'ai dit (« gardera Ma parole ») aura part à la vie du Royaume (« recevra la vie éternelle ») (v. 49–51). Ensuite, devant l'incompréhension de Ses auditeurs (v. 52–53), Il a dû témoigner aussi de Sa qualité de Messie. Selon les conceptions juives traditionnelles, Dieu avait conçu le Messie et Sa venue avant même la création du monde ; c'est pourquoi Jésus dit de Lui-même qu'Il a précédé Abraham (v. 54–58). Et l'on recourt alors au dernier argument : les pierres (v. 59). Suivre le Christ s'est manifestement révélé moins simple que ne l'avaient imaginé les pharisiens qui avaient cru en Jésus. Cela exigeait, au minimum, de reconnaître sa propre insuffisance, de reconnaître que, malgré toute sa religiosité, l'être humain n'a aucune chance d'entrer dans le Royaume s'il ne fait confiance au Sauveur et ne Lui permet de le préparer à cette étape essentielle de son chemin spirituel. Un tel aveu n'est évidemment pas facile. Mais il n'existe pas d'autre chemin vers le Royaume.