RÉFLEXIONS pour Lc 21:25-27
Très souvent, les hommes se demandent pourquoi la fin du monde doit être si effrayante, pourquoi elle ne pourrait pas être paisible, comme la mort paisible d'un chef de famille entouré de soin et d'attention. On peut répondre ainsi. Vous vous souvenez certainement du proverbe: c'est dans le malheur qu'on reconnaît l'ami. Garder une apparence paisible et être bon quand tout va bien est facile; le malheur, lui, divise comme tous vos amis en vrais amis et autres, il sépare les bons et les mauvais. Rappelons maintenant que la Fin du monde, et c'est là son sens principal, apportera la séparation du bien et du mal, des brebis et des boucs (Mt 25:33), du blé et de l'ivraie (Mt 13:25). Elle deviendra donc un tel malheur cosmique dans lequel se reconnaîtront les vrais amis du Seigneur. Et pourquoi donc la fin devrait-elle être paisible, si toute l'histoire est loin de l'être? La fin deviendra l'apothéose du drame du monde; en elle, comme sous une loupe, croîtront les forces du mal, pour se révéler comme telles, et les forces du bien, pour se séparer nettement du mal. Les physiciens peuvent aussi se souvenir de l'effet Stark. Deux niveaux dans un atome peuvent être indiscernables, ou dégénérés, comme nous disons; mais il suffit de lui appliquer un champ pour que les niveaux s'écartent et qu'on puisse les distinguer. Mais qu'est-ce qu'un champ pour un atome? Une action de force, une secousse, autrement dit une perturbation de son existence habituelle et tranquille. Telle, semble-t-il, sera aussi la fin du monde.
