RÉFLEXIONS pour Is 29:17-24 — le 6 décembre 2024

RÉFLEXIONS pour Is 29:17-24

Parlant du jour du triomphe de Dieu, Isaïe indique que, ce jour-là, les insensés frivoles disparaîtront (v. 20), tandis que ceux dont l'esprit s'égare comprendront ce qui se passe (v. 24 ; dans la traduction synodale russe, les insensés frivoles sont appelés « blasphémateurs »). Cette opposition entre la compréhension et une frivolité insensée peut être considérée comme traditionnelle, aussi bien dans la tradition prophétique que dans la littérature biblique des sages : elle revient régulièrement dans le Livre des Proverbes, par exemple. De quoi s'agit-il donc ?

Avant tout, de la clarté des notions que l'on emploie. De quelque chose de semblable à ce que Socrate cherchait toujours à obtenir de ses interlocuteurs : puisque tu emploies des mots, efforce-toi de comprendre pleinement ce qu'ils signifient. Parviens à une clarté totale sur ce point, et alors seulement tu pourras discerner ce qu'il en est réellement.

C'est à peu près aussi ce que signifie le mot hébreu traduit en russe par « compréhension ». Les sages comme les prophètes accordaient autant d'attention à la netteté de la pensée que Socrate. Leurs objectifs étaient d'ailleurs en partie semblables.

Socrate, comme on le sait, donnait pour objectif principal à sa philosophie de distinguer le bien du mal, afin que chacun, ayant appris à les distinguer, puisse ensuite choisir le meilleur et suivre le chemin du bien. Les sages et les prophètes bibliques, quant à eux, avaient pour objectif principal d'apprendre à suivre la Torah et à observer les commandements, sans lesquels le chemin de la justice restait fermé à l'être humain.

La justice n'a jamais été considérée comme une qualité propre à l'être humain. Seul Dieu a toujours été tenu pour juste. Mais l'être humain pouvait devenir un miroir reflétant la justice de Dieu. Pour devenir un tel miroir, il fallait avant tout apprendre à distinguer les notions avec clarté et précision ; sinon, on risquait facilement de s'empêtrer dans les mots, d'autant qu'il se trouvait toujours des gens prêts à embrouiller les autres (v. 21).

Mais cela ne suffisait pas : il importait aussi de savoir distinguer le bien du mal, de comprendre où et en quoi un commandement était transgressé, et où il ne l'était pas. C'est cette aptitude à suivre les commandements dans la vie quotidienne que l'on appelait sagesse. Une sagesse qui, tout en demeurant l'œuvre des mains et des esprits humains, indiquait néanmoins à celui qui la possédait le chemin de la Torah menant au Royaume.