RÉFLEXIONS pour Jc 3:1-18
Le discours de l'apôtre sur la nécessité de maîtriser la langue est l'un des passages les plus éloquents de son épître. Depuis l'Antiquité nous est parvenue une histoire sur Ésope, que son maître envoya deux fois au marché avec l'ordre d'en rapporter ce qu'il y avait de meilleur, puis de pire au monde. Les deux fois, Ésope rapporta une langue—instrument du mal comme du bien. Mais si Ésope se contentait de témoigner de l'état réel des choses, Jacques, reconnaissant cette réalité lorsque de la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction, conclut : il ne faut pas, mes frères, qu'il en soit ainsi.
Ces paroles de Jacques semblent contredites par sa propre affirmation selon laquelle aucun homme ne peut dompter la langue. On pourrait qualifier cette pensée d'excessivement pessimiste ; il n'est pourtant pas difficile de comprendre que Jacques avait des raisons de l'affirmer, puisqu'il parle des efforts purement humains. Mais si nous nous appuyons non sur eux, mais sur la sagesse qui vient d'en haut, beaucoup de choses changent.
