RÉFLEXIONS pour Jc 2:14-26
Poursuivant le thème de la vie spirituelle authentique ou illusoire, Jacques parle de la foi et des actes qui en découlent. On oppose parfois ce raisonnement de l'apôtre aux paroles d'un autre apôtre, Paul, qui est convaincu que les « œuvres de la Torah », les « œuvres de la loi », ne peuvent sauver l'être humain. Pourtant, il s'agit de choses différentes.
Pour Paul, ce qu'il appelle les « œuvres de la Torah » s'apparentait aux obligations religieuses qu'une personne prend sur elle. On suppose alors que ces obligations lui donnent aussi des droits bien précis devant Dieu : fais ceci et cela, et le salut est garanti. Tu as accompli ce que tu dois à Dieu, et Dieu, à Son tour, te donnera ce à quoi tu as acquis un droit en remplissant tes obligations religieuses. C'est précisément contre cette compréhension de la relation avec Dieu que Paul proteste : tenir des comptes avec Celui à qui l'on doit tout est tout simplement insensé.
Les obligations religieuses, même entièrement remplies, ne donnent à l'être humain aucun droit devant Dieu ; d'ailleurs, le salut est un don de Dieu, et non quelque chose auquel on aurait droit. Jacques, lui, vise autre chose : la décision et l'acte comme conséquences de la foi. Tout ramène encore à la question de l'intégrité spirituelle de la personne. Plus précisément, à la question de savoir si elle existe ou non. Ici, c'est justement l'acte conforme à la foi qui sert de critère.
En effet, la foi suppose avant tout la confiance en Dieu, et donc des relations bien déterminées et stables, tant avec Lui qu'avec les autres. Ces relations impliquent la formation d'un certain système de valeurs : vivre conformément à sa foi, et donc aux commandements donnés par Dieu, n'est possible que lorsque les commandements deviennent un impératif intérieur, spirituel et moral. C'est cet impératif que la personne reconnaît habituellement comme le système de valeurs qu'elle suit.
Mais il est tout à fait évident que seul est authentique un système de valeurs qui détermine réellement la vie d'une personne, ses décisions et ses actes, et non simplement ses déclarations. S'il y a des déclarations, mais pas de décisions ni d'actes correspondants, il ne s'agit pas d'un système de valeurs, mais d'une théorie éthique qui, en elle-même, n'exerce pas d'influence particulière sur la vie spirituelle. Voilà pourquoi l'apôtre parle de l'importance des actes conformes à la foi : ils permettent de vérifier facilement si la foi est authentique ou s'il ne s'agit que d'une déclaration. Et donc aussi de s'assurer qu'il est question, dans le cas concret, d'une véritable vie spirituelle ou d'une illusion.
