RÉFLEXIONS pour Lc 15:1-10 — le 27 novembre 2024

RÉFLEXIONS pour Lc 15:1-10

Les paroles de Jésus sur le pécheur repentant qui se convertit rappellent le témoignage d'Ézéchiel au sujet de Dieu, qui ne veut nullement la mort du pécheur, mais désire au contraire qu'il se convertisse et reste en vie. Mais Ses paroles contiennent aussi quelque chose qui concerne directement le Royaume qu'Il a apporté dans le monde.

La conversion et le repentir dont parlaient les prophètes, bien que d'une importance fondamentale, ne suffisaient pas à surmonter pleinement et définitivement les conséquences du péché commis. Ce n'est pas un hasard si le pécheur repentant accomplissait des rites de purification et offrait des sacrifices : il importait aussi de se purifier des conséquences de ses actes. Sinon, même s'il ne restait pas de mur entre Dieu et la personne, il subsistait du moins un obstacle sérieux à une pleine communion.

Or, du point de vue de la Torah, on ne pouvait être purifié que d'un péché commis involontairement, par exemple par faiblesse ou par ignorance, mais nullement d'un péché commis consciemment et volontairement. Bien sûr, Dieu pouvait toujours pardonner tout péché à celui qui se repentait, mais les conséquences de l'acte continuaient à peser sur lui, et parfois aussi sur ses descendants.

Il ne s'agissait évidemment pas de rancune de la part de Dieu, mais du fait que les lois du monde déchu ne permettaient pas de rompre la chaîne des causes et des effets engendrée par l'acte pécheur, de même qu'elles ne permettaient de rompre les liens de causalité dans aucun autre cas. Les croyants fidèles à Yahvé n'étaient pas seuls à le savoir : les païens aussi décrivaient cette situation avec des mots différents, mais visaient au fond la même chose. Fatalité, fatum, destin, karma : des noms différents pour une seule et même réalité.

Avec la venue du Christ, la situation a radicalement changé : Il a apporté le Royaume dans le monde. Un Royaume où l'on peut tout recommencer sur une page blanche, où le repentir des péchés commis et la conversion suffisent pour commencer une vie nouvelle, en laissant derrière soi les conséquences de ses péchés. Auparavant, cela était impossible, du moins dans le cadre de l'ordre existant : pour offrir cette possibilité à chaque pécheur repentant, il aurait fallu recréer le monde.

Mais avec la venue du Christ et l'approche du Royaume, qui, selon la parole du Christ, « s'est approché », la situation est précisément devenue telle : le monde qui se renouvelle et se transfigure est réellement recréé. Et, dans ce monde nouveau, une place peut se trouver pour quiconque est prêt à recommencer sa vie. Il faut seulement rompre une fois pour toutes avec l'ancienne vie. La quitter pour une vie nouvelle, la vie du Royaume.