RÉFLEXIONS pour Jc 2:1-13 — le 27 novembre 2024

RÉFLEXIONS pour Jc 2:1-13

Les paroles de Jacques selon lesquelles, en transgressant un point de la Torah, on transgresse par là toute la Torah peuvent paraître quelque peu étranges. Les lois sont diverses, et transgresser une loi est un acte bien précis. Il en serait ainsi si l'on ne voyait dans la Torah qu'une législation ou un code moral. Mais l'apôtre parle avant tout de ce que l'on appelait alors la Torah intérieure, et la situation était ici différente.

La Torah intérieure était en effet considérée comme un ensemble d'intentions de Dieu, incarnées dans les commandements et directement adressées à la personne. Idéalement, elle devait déterminer entièrement toute sa vie. Cela signifiait que la personne devait, de son propre gré, accorder ses intentions, celles qui orientent sa vie, avec celles de Dieu, c'est-à-dire avec les commandements.

Cet accord ne peut être établi une seule fois et en un seul instant : toute notre vie est une succession d'intentions, conscientes ou non, et chacune doit être reconnue et confrontée aux commandements. C'est seulement ainsi que toute notre vie peut devenir consciente et conforme à la Torah. Et si ce processus connaît une défaillance, notre vie spirituelle se détruit ; peu importe alors l'endroit précis où elle s'est produite. Un seul point est transgressé, et toute la Torah intérieure s'effondre, même si, du point de vue de la Torah extérieure, un seul commandement particulier a été enfreint.

Les transgressions peuvent aussi concerner les relations avec le prochain, ce que rappelle l'apôtre. Il suffit de cesser de voir la personne comme image de Dieu et de commencer à se régler sur sa situation matérielle ou son statut social pour que la communauté ecclésiale prenne fin : la personne disparaît aussitôt, et aucune relation normale n'est possible avec quelqu'un ainsi dissimulé derrière sa situation matérielle ou son statut social.

Mais, en cessant de remarquer l'image de Dieu chez son prochain, on cesse peu à peu de la voir aussi en soi-même. Volontairement ou non, on commence à s'évaluer comme on évalue les autres, du même point de vue et selon les mêmes critères. Dès lors, sa propre vie spirituelle va elle aussi à la dérive. Voilà les choses simples que l'apôtre rappelle à ses lecteurs : car toute la vie spirituelle est précisément faite de ces choses simples, mais absolument essentielles.