RÉFLEXIONS pour Lc 21:1-4
Pour quiconque cherche à construire sa relation avec Dieu, ce que le Christ révèle du Père céleste en parlant de l'obole de la veuve est d'une importance capitale. Le prophète Michée nous dit ce que Dieu attend de nous : « Ô homme ! On t'a dit ce qui est bien et ce que le Seigneur demande de toi : agir avec justice, aimer les œuvres de miséricorde et marcher humblement devant ton Dieu » (Mi 6,8). Mais quels efforts dois-tu faire pour plaire à Dieu en tout cela ? Et si l'on exigeait beaucoup de toi, alors que tu n'es capable que de peu ? Le Tout-Puissant ne te rejettera-t-Il pas parce que ta vie est trop petite ?
Il en va de même pour l'argent que les gens déposent dans le trésor du Temple : notre esprit, imprégné d'une sorte de paganisme instinctif, s'attend à ce que le Christ approuve ceux qui donnent beaucoup. Mais seule la pauvre veuve, qui dépose une somme dérisoire, mérite Son approbation. L'évangéliste Luc nous rapporte les paroles du Christ sur les deux raisons pour lesquelles le don de la veuve a la préférence aux yeux de Dieu. Premièrement, elle dépose sa petite pièce dans une profonde humilité, sans éprouver le sentiment de supériorité propre aux riches. Deuxièmement, elle donne tout ce qui la fait vivre, comme symbole de sa vie entière.
Bien sûr, ce récit nous est très nécessaire à l'approche du Grand Carême. Ce qui compte pour nous en ce temps, ce n'est pas l'ampleur d'exploits ascétiques démesurés, mais l'humilité et la sincérité devant le Tout-Puissant. Souvenons-nous des paroles de saint Jean Chrysostome que nous entendrons dans la nuit de Pâques : Dieu « accueille les œuvres et embrasse l'intention, honore l'action et loue l'offrande. Entrez donc tous dans la joie de votre Seigneur... ». Que pouvons-nous Lui offrir qui soit comparable à l'obole de la veuve ? Seulement un amour sincère pour Lui et pour les êtres humains qu'Il a créés. Or la notion de mesure ne s'applique pas à l'amour.
