RÉFLEXIONS pour Jn 2:13-25
La lecture d'aujourd'hui nous ramène une nouvelle fois à l'événement que l'on appelle habituellement l'expulsion des marchands du Temple.
En soi, l'acte accompli par Jésus était parfaitement conforme à la Torah, bien qu'il aille à l'encontre d'une coutume établie. Mais tout le monde ne pouvait évidemment pas oser un tel geste : seul le pouvait celui qui était en mesure de dire qu'il agissait au nom de Dieu. En effet, ce qu'avait fait Jésus n'était pas une simple opération de remise en ordre. C'était un appel en actes à suivre rigoureusement les normes de la Torah, qui, selon Celui qui lançait cet appel, étaient ici transgressées. Une question se posait alors d'elle-même, aussitôt adressée à Jésus par ceux qui L'entouraient : qui es-Tu pour nous appeler à ce à quoi Tu nous appelles et faire ce que Tu fais (v. 18) ?
Il n'est pas étonnant qu'il ait été précisément question d'un signe : il était évident pour tous que cet Homme ne possédait, ni ne pouvait posséder, aucune autorité officielle pour remettre de l'ordre dans le Temple. Aux yeux de ceux qui L'entouraient, Il n'était qu'un particulier. S'il s'était agi, par exemple, d'un prophète, ou à plus forte raison du Messie, ils n'auraient évidemment posé aucune question : un prophète, et davantage encore le Messie, avait pleinement le droit d'agir ainsi. Mais le charisme prophétique, et plus encore les prétentions messianiques, devaient être prouvés. Il fallait accomplir quelque chose que tous reconnaîtraient manifestement comme un miracle, comme la preuve que Celui qui purifiait le Temple était réellement un prophète ou le Messie.
C'est un tel signe que ceux qui L'entourent réclament à Jésus. Mais Il ne parle que d'une chose : de Sa mort et de Sa résurrection, et non directement, mais de façon figurée, si bien que la plupart des personnes présentes restent perplexes (v. 19–21).
À première vue, une telle réponse paraît nettement insatisfaisante, puisqu'elle n'explique rien à personne. Mais l'essentiel, pour Jésus, était apparemment de témoigner auprès de ceux qui L'entouraient de la raison centrale de Sa venue dans le monde : le Royaume et la victoire sur le mal dans lequel ce monde demeure. Or la mort a sans aucun doute toujours été perçue comme la quintessence du mal dans le monde. L'allusion à la Résurrection était donc, au fond, la réponse la plus juste à la question du pouvoir et de l'autorité, tout comme la Résurrection elle-même était la preuve la plus éclatante et la plus incontestable que Jésus avait pleinement le droit de faire ce qu'Il avait fait dans le Temple.
Bien sûr, seul celui qui a lui-même part au Royaume peut comprendre et saisir le sens d'un tel signe. Mais il ne peut en être autrement : on ne peut parler du Royaume comme d'une réalité purement spéculative. On ne peut que le montrer. Et ceux qui sauront voir n'auront alors plus besoin d'aucune preuve.
