RÉFLEXIONS pour Jn 1:1-18
Chaque Évangile commence à sa manière. Les évangélistes synoptiques racontent généralement soit la Nativité, soit, comme Marc, directement le Baptême ; Jean, lui, commence par un magnifique hymne au Verbe qui est « au commencement » (v. 1–3). Certes, les livres de l'Ancien Testament parlent déjà beaucoup de la parole de Dieu : elle y est à la fois révélation (Gn 15,1.4) et instrument de Dieu dans le monde qu'Il a créé (Ps 147,18 ; 148,8). Mais le Verbe dont parle l'évangéliste est davantage qu'une révélation donnée à une personne particulière. Il est même davantage qu'un simple instrument de l'action divine. Il est originel ; Sa vie s'enracine dans les profondeurs de la Personne divine qui resteront à jamais cachées à toute créature de Dieu. Et voici qu'est venu le jour où le Verbe prééternel, portant en Lui la plénitude de Dieu, de Sa vie et de Sa lumière (v. 4–5), S'est contenu dans les limites de la nature humaine, afin que cette plénitude devienne accessible à quiconque voudrait y avoir part (v. 9). Alors a commencé dans le monde une ère nouvelle, celle du Royaume qui vient. Ce n'est pas un hasard si l'évangéliste compare le Verbe incarné à la Tente de la Rencontre (v. 14 ; au russe « a habité » correspond dans le texte grec un mot que l'on pourrait traduire littéralement par « a dressé la Tente ») : depuis Moïse, la Tente était le lieu de la présence de Dieu, dont la plénitude se trouve désormais liée à la personne de Celui en qui le Verbe S'incarne. Il ouvre la plénitude du Royaume et de la vie divine à ceux qui sont prêts à Le croire et à Le suivre, bien qu'ils semblent peu nombreux (v. 10–13). L'évangéliste appelle cette plénitude « grâce de grâce » (v. 16) : expression grecque par la langue, mais hébraïque par la forme, qui désigne la plénitude absolue de la grâce de Dieu, inaccessible à l'homme ordinaire. Et ce n'est évidemment pas un hasard s'il compare cette révélation nouvelle au don de la Torah, la Loi, à Moïse (v. 17). La Torah était non seulement révélation de la volonté divine, mais aussi une force réelle qui transformait l'homme de l'intérieur, s'il était prêt à suivre la loi donnée par Dieu. Pourtant, la Torah ne révélait Dieu que partiellement, tandis que le Fils faisait participer ceux qui Le suivaient à la plénitude divine, qu'il leur aurait été impossible de contempler autrement (v. 18). Et, avec la plénitude de Dieu, celle du Royaume s'ouvrait aussi à ceux qui suivaient Jésus.
