RÉFLEXIONS pour Ac 21:17-36
Paul se conforme volontiers à la demande des apôtres d'observer les règles de purification ; lui-même, d'ailleurs, ne s'oppose pas à leur observance, mais un malentendu se produit. Peut-on toutefois appeler malentendu une manifestation de haine tout à fait prévisible ? Il n'y avait rien de fortuit à ce que Paul soit remarqué par des hommes hostiles non seulement à lui, mais aussi aux autres chrétiens. Paul était déjà largement connu à cette époque, et même si les Juifs d'Asie n'avaient pas pris ses compagnons dans le Temple pour des païens, eux ou d'autres auraient de toute façon trouvé un prétexte pour l'attaquer. Ceux que guide le parti pris sont capables de voir une irrégularité partout et à tout moment. Quant à la foule, une fois sa fureur éveillée, elle n'entend plus raisonner : pourvu qu'elle ait quelqu'un à mettre en pièces.
Les Romains tirent Paul d'affaire, et il se retrouve de ce fait dans une position ambiguë : il est protégé par une loi apportée par les occupants, et ne peut donc plus échapper aux accusations de trahison. Il est vrai que ceux qui disent à leurs compatriotes des vérités amères doivent souvent subir non seulement leurs injures, mais aussi leurs accusations de manquer de patriotisme. Le parcours de Paul rappelle ici, dans une certaine mesure, le destin de Jérémie. Mais le temps passe, et, si ce ne sont pas les compatriotes réprimandés eux-mêmes, leurs enfants ou leurs petits-enfants doivent reconnaître que ceux qui les dénonçaient aimaient leur peuple davantage que ceux qui le couvraient d'éloges.
