RÉFLEXIONS pour Ac 15:36-16:15 — le 29 octobre 2024

RÉFLEXIONS pour Ac 15:36-16:15

La lecture d'aujourd'hui nous aide à mieux comprendre comment le Royaume se répand dans le monde après la Pentecôte. Le récit commence par un désaccord entre Paul et Barnabé sur la composition de leur futur groupe missionnaire (Ac, v. 36–41). Ce désaccord était assez sérieux pour créer une tension dans leurs relations : c'est le sens littéral du mot grec correspondant. Il était probablement lié au caractère ardent et résolu de Paul, qui ne semblait guère faire confiance à Jean-Marc : celui-ci, nous dit l'évangéliste, avait auparavant quitté Paul et Barnabé en Pamphylie. Ces divergences ont apparemment conduit les apôtres à se séparer. L'épisode nous montre clairement que même ceux qui connaissent le Royaume sont parfois loin d'être à l'abri des désaccords, voire des querelles. La question est seulement de savoir comment ces querelles se terminent. Dans notre monde encore non transfiguré, elles débouchent souvent, on le sait, sur l'inimitié. Dans le Royaume, on n'en arrive pas là : en cas de désaccord de principe, les personnes concernées se séparent généralement, le plus souvent pour un temps, et poursuivent chacune de leur côté l'œuvre confiée par Dieu, sans que celle-ci cesse d'être commune. Certes, la querelle n'est pas la meilleure forme des relations humaines. Mais, si elle ne mène ni à l'inimitié ni à la haine, les divergences ne deviennent pas insurmontables et ne détruisent pas l'unité sans laquelle le Royaume est impossible. Une telle situation crée évidemment des obstacles et des difficultés, mais la puissance de Dieu les surmonte : il n'y a pas ici cette résistance à Sa volonté devant laquelle Dieu s'arrête, respectant la liberté de choix de l'homme. La situation de Timothée, mentionnée par Luc, est également intéressante (Ac 16,1–3). Au vu des décisions du concile des Apôtres, sa circoncision semblait tout à fait inutile. Pourtant, Paul le circoncit, selon l'évangéliste, « à cause des Juifs ». Apparemment, il ne s'agit pas de dire que « sans circoncision, il n'y a pas de salut », mais de ne pas s'opposer à une Église particulière, probablement composée entièrement ou en majorité de Juifs. Dans une telle situation, observer les règles religieuses juives était tout naturel ; c'est plutôt leur rejet ostentatoire qui aurait troublé la communauté. Ainsi se résout la question religieuse dans le Royaume : si la religion fait organiquement partie de la vie d'une personne ou d'une communauté entière, elle trouve sa place dans le Royaume comme dans l'Église. Elle devient alors elle-même l'une des formes du Royaume, aussi multiple que la vie de ceux qui y entrent.