RÉFLEXIONS pour Ac 13:13-52
La lecture d'aujourd'hui nous donne l'occasion de comprendre le sens de ce que le Nouveau Testament appelle le salut. Nous avons devant nous la prédication de Paul dans l'une des synagogues d'Antioche (v. 16–41), qui connut apparemment un grand succès, surtout auprès des païens (v. 42). Cet intérêt paraît d'abord inexplicable : au fond, Paul ne fait que raconter à ses auditeurs ce qui était déjà plus ou moins connu du ministère terrestre du Sauveur, du moins dans les milieux juifs. Même aux païens proches de la Synagogue étaient sans aucun doute parvenues quelques rumeurs sur les événements de Jérusalem (v. 23–37). Certes, il fait précéder son récit d'un bref aperçu de l'histoire sainte (v. 17–22), mais cela non plus ne devait guère être nouveau pour quiconque connaissait un tant soit peu la vie et la tradition de la Synagogue. Pourtant, la prédication elle-même donne la clé de l'intérêt manifesté par les païens : Paul dit expressément que les péchés pour lesquels la loi donnée à Moïse n'offre pas de justification peuvent être pardonnés au nom de Jésus-Christ (v. 38–39). Pour comprendre ces paroles, il faut se rappeler que, selon la Torah, la Loi de Moïse, tout péché ne pouvait pas être pardonné, mais seulement celui qui avait été commis involontairement, par faiblesse ou par ignorance. Il était possible d'être purifié des conséquences d'un tel péché : après s'être repenti et avoir demandé à Dieu pardon pour ce qu'il avait fait, le pécheur involontaire pouvait espérer être désormais délivré du péché lui-même et de tout ce qu'il pouvait entraîner. En revanche, on ne pouvait pas être purifié d'un péché commis consciemment et volontairement. On pouvait se repentir de son acte, demander pardon à Dieu et même recevoir ce pardon, mais il était alors impossible d'être purifié du péché, d'être délivré de ses conséquences. Or voici que tout péché pouvait être pardonné, même celui qui ne l'était pas jusque-là. Rien d'étonnant à ce que ce point ait particulièrement intéressé les païens : ils connaissaient bien leur propre vie et comprenaient parfaitement que, du point de vue de la Torah, il leur était pratiquement impossible d'être purifiés du péché. Il ne s'agit pas ici d'un pardon indifférencié ou d'une complaisance envers le péché. Au contraire, c'est précisément à la lumière du Royaume que le péché de quiconque s'en approche apparaît plus nettement que jamais. Il s'agit du fait que ceux qui entrent dans le Royaume ont la possibilité de tout recommencer. Sur une page blanche. Et d'y écrire leur vie nouvelle, une vie qui deviendra partie intégrante du Royaume. Et chemin de salut.
