RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour 1Tm 5:14-15

L'attitude envers les veuves dans l'Église des premiers temps chrétiens était tout à fait particulière. Bien sûr, la veuve bénéficiait aussi d'une protection spéciale dans la Synagogue, et la Torah attire particulièrement l'attention sur la défense des droits des veuves et des orphelins. On le comprend: veuves et orphelins, souvent privés du soutien de leur famille et de leur clan, se trouvaient à tous égards parmi les plus vulnérables.

Mais dans l'Église, où l'attitude envers le mariage était particulière, l'attitude envers les veuves l'était aussi, même si sur certains points elle rappelait la tradition synagogale. Les veuves, dans l'Église, jouissaient d'une attention et d'une protection particulières. Mais pour l'Église se posait en outre la question du second mariage des veuves, de son opportunité ou, au contraire, de son inopportunité. Pour tout Juif croyant, il était clair que, si une veuve après la mort de son mari avait la possibilité de se remarier, elle devait le faire: il s'agissait de l'accomplissement du commandement donné aux premiers hommes, croissez et multipliez-vous.

La famille a donc toujours été très importante pour les Juifs croyants; la vie familiale était en fait considérée comme un devoir religieux, et y renoncer volontairement était jugé étrange et impossible. Et si une veuve, après la mort de son mari, recevait la possibilité de se remarier, elle devait bien sûr en user. Mais dans l'Église, on regardait le mariage un peu autrement. D'un côté, l'Église a toujours vu dans l'union conjugale une mesure de plénitude spirituelle comparable à la plénitude spirituelle de l'Église comme corps du Christ. Le mariage était proprement considéré comme l'introduction de la plénitude ecclésiale dans la maison, dans les relations familiales.

D'un autre côté, c'est précisément pour cette raison que l'Église interdisait directement le divorce, sauf dans les cas où l'un des époux se rendait coupable d'adultère; mais dans ce cas, il se retranchait automatiquement aussi de l'Église, où les débauchés ne pouvaient pas avoir place par définition. La perception de chaque mariage comme absolument unique mettait en question non seulement le divorce, mais aussi le remariage en cas de mort de l'un des époux. Beaucoup de veuves se retrouvaient donc dans des services d'Église, sans se remarier, sans chercher un second mariage. Mais ici Paul conseille à Timothée d'être prudent.

L'Église n'interdisait tout de même pas le second mariage aux veuves, et si une veuve était jeune, elle pouvait très bien utiliser sa présence dans les cercles ecclésiaux ou proches de l'Église pour chercher un fiancé, non pour servir. Ou pire encore, elle pouvait se contenter d'une sorte de substitut de vie familiale, le trouvant dans les relations avec les personnes auprès desquelles la conduisait le service qu'elle paraissait avoir assumé. De tels «services» ne pouvaient apporter à la communauté ecclésiale rien d'autre que des malentendus assez désagréables, lourds d'une violation possible du septième commandement, ce dont Paul avertit Timothée.